Il y a quelques semaines les groupes Europe Écologie et UDB du Conseil Régional de Bretagne déposaient une motion en faveur de l’unité administrative de la Bretagne. Cette motion proposait plusieurs choses.
D’une part elle rappelait la volonté de Réunification du Conseil Régional de Bretagne par une consultation, permise par l’article 72-1 de la Constitution française. Deuxièmement elle demandait la création d’un groupe de travail interne au Conseil Régional pouvant faire appel à des expertises extérieures. Enfin, elle demandait la confirmation et l’intégration du pays Nantais dans des organismes tels que l’Agence Économique de Bretagne ou la plateforme permanente des acteurs bretons de la solidarité internationale.
Nous considérons que cette motion, limitée, va dans le bon sens. Mais rappelons néanmoins que les conditions démocratiques devront être réunies préalablement à l’organisation d’un référendum sur l’unité territoriale, qui pour nous n’a de sens que s’il est accompagné d’une évolution positive des compétences politiques de la collectivité Bretonne.

Le groupe UMP n’a pas souhaité voter la proposition déposée en faveur de la Réunification. Nous remarquons que leurs « velléités régionalistes » sont très vite retombées malgré une campagne électorale basée notamment sur la revendication d’unité administrative de la Bretagne. Il faut vraiment être naïf pour croire encore à la sincérité de la proposition d’amendement déposée par le sénateur-conseiller régional UMP De Legge pendant la dernière campagne électorale. Les articles obligeant à se prononcer sur la Réunification du pays nantais au reste de la Bretagne, le Conseil Régional des Pays de la Loire et la population des départements de cette région (autres que la Loire-Atlantique), sont le meilleur moyen de ne jamais résoudre la question de la Partition. Il semblerait d’ailleurs que les élus PCF du Conseil Régional auraient préféré voter une motion déposée par l’UMP, puisqu’ils ont refusé de voter celle déposée par l’opposition de gauche. Ceci au nom du fait qu’elle ne contiendrait pas la même clause que celle contenue dans l’amendement de Legge, qui force les habitants de Mayenne, Sarthe, Maine-et-Loire et Vendée à se prononcer sur l’unité administrative du peuple Breton.
Soyons clairs, certains sont opposés à l’unité de la Bretagne et d’autres y sont favorables. Jean-Yves Le Drian, favorable à la Réunification, a repoussé le vote de cette mention au prochain Conseil les 24 et 25 juin, afin de trouver « les termes d’un consensus ». Néanmoins ce premier Conseil Régional renouvelé nous a montré que l’hypocrisie de certains sur la question devait être dépassé si nous voulions avancer. Ni les collectivités territoriales, ni l’Etat, n’ont encore amené les premiers éléments pour engager le processus législatif et institutionnel d’unité de la Bretagne, que certains, soit disant favorables ou engagés sur des listes qui le sont, élaborent tout un système de clause non démocratique qui empêcheront le processus d’être réellement enclenché. La « clause ligérienne » à la Réunification n’a rien de démocratique, elle est un élément de plus pour retarder le processus. Il faut une fois pour toute se rendre compte que ceux qui la soutiennent ne peuvent se dire favorables à la Réunification. Si les conseillers régionaux de Bretagne veulent vraiment la Réunification ils ne doivent pas revenir sur la motion présentée le 25 avril. Nous les encourageons même à aller beaucoup plus loin que ce texte. À enfin prendre leurs responsabilités face à l’État Français et à demander officiellement à celui-ci, en coopération avec le Conseil Général de Loire-Atlantique, d’enclencher la procédure de Réunification de la Bretagne prévue par l’article 72-1 de la Constitution française.
Nous demandons aussi un minimum de cohérence aux élus Europe Écologie des Pays de la Loire, qui ont su s’inviter à la réussite populaire que fut la Fresque Humaine « 44=BZH » du 27 février dernier, mais qui n’ont pas jugé nécessaire d’accompagner la motion déposée au Conseil Régional de Bretagne par une équivalente au Conseil Régional des Pays de la Loire.
Notre seul objectif est que les Bretons puissent se prononcer librement et sans contraintes sur leur unité administrative.