Plateforme pour le 18 juin et appels à manifester

14/06/2011

N’oubliez pas samedi prochain de vous mobiliser à Nantes dès 14h (voir avant pour filer un coup de mains !) pour l’unité de la Bretagne et nos droits démocratiques, culturels et linguistiques.

Le 18 juin, la « Bretagne en résistance » exprimera à Nantes sa détermination pour interpeller les pouvoirs publics et les médias et réclamer la possibilité de choisir librement leur cadre institutionnel après près de 40 ans de partition administrative de la Bretagne. Pour la première fois une grande manifestation se dirigera vers le palais de la région des Pays de la Loire, en passant devant le palais de Justice pour réclamer « Justice pour la Bretagne » et dénoncer le harcèlement judiciaire à l’encontre des militantes et militants de la Réunification; devant les locaux de Ouest-France et France Bleue pour exiger la « suppression des frontière administratives dans l’information en Bretagne »; et devant les locaux de France 3 PdL pour réclamer « du breton dans ma télé ».

Ce sera aussi le jour pour nous, organisateurs, de proposer et défendre la plateforme « Bretagne en résistances », propositions pour construire l’unité administrative de la Bretagne. Cette plateforme élaborée dans la concertation et avec le soutien de nombreux acteurs de la Réunification, se veut être le support d’une action la plus collective possible vers l’unité de la Bretagne. Dirigée vers différents interlocuteurs elle propose des initiatives s’ajoutant à celles de plus d’une centaine de mairies (voeux pour l’unité, présence du Gwenn ha du, ..) ou voulant prolonger les actions déjà entamées au sein du Conseil Régional de Bretagne ou du Conseil Général de Loire-Atlantique.

Nous la proposerons comme un outil permanent et évolutif pour construire l’unité de la Bretagne.

Les organisateurs de la manifestation :

– 44=BREIZH, BRETAGNE RÉUNIE, AGENCE CULTURELLE BRETONNE DE LOIRE-ATLANTIQUE, KEVRE BREIZH

Ils appellent à la manifestation :

– A gauche toute – Saint-Herblain

– AFB / EKB : Alliance Fédéraliste bretonne / Emglev Kevredel Breizh

– Alternatifs 44 : Solidarité, Ecologie, Féminisme, Autogestion

– Ar Falz : Breizh, Laïkelezh, Sevenadur

– Bertaeyn Galleizz : Le gallo, la langue romane de Bretagne

– Bodadeg ar Sonerion : Assemblée des sonneurs

– Breizhistance : Indépendance et Socialisme

– Bretagne plus : culture et débats

– Bretons de Saïgon

– Bretons du Monde

– Collectif breton pour la Démocratie et les Droits de l’Homme

– Comité breton de solidarité avec le peuple basque

– Coordination Bretagne Indépendante et Libertaire

– Dihunerien : Production et Diffusion de Spectacles

– Diwan : Réseau d’écoles associatives, gratuites et laïques en langue bretonne

– Enorzh : Association Culturelle de Nort-sur-Erdre

– Europe Écologie Les Verts

– FALSAB : Confédération des Jeux et des Sports traditionnels de Bretagne

– Gouelioù Breizh : Fêtes traditionnelles de Bretagne

– Gwen Menez : Celtival, le Festival de Guéméné-Penfao (Loire-Atlantique)

– Hydromel : le fanzine des musiques breizzoues

– Identité bretonne : une identité à partager

– Institut Culturel de Bretagne

– L’Union Démocratique Bretonne

– Le Modem 44

– Le Nouveau Parti Anticapitaliste 35

– Le Parti Breton

– Les Jeunes Ecologistes 35

– SCALP Nantes

– Sindikad Labourerien Breizh / Syndicat des Travailleurs de Bretagne

– ….

Certainement qu’il en manque encore et que certains ne se sont pas déclarés, n’hésitez pas à le faire d’ici le 18 juin !


Journées d’Europe Ecologie en Bretagne « sans-papiers »

18/08/2010

 Demain s’ouvriront les journées d’été d’Europe Ecologie à Nantes. Grande occasion pour ce mouvement qui lors de la campagne pour les élections régionales avait défendu la Réunification (dans son programme et dans la rue en venant à la fresque humaine du 28 février), d’aborder ce sujet voire de s’engager ou de déclarer quelque chose. C’est d’ailleurs à cette occasion que 44=BREIZH avait, il y a quelques semaines, demandé à être reçu par les organisateurs. Après avoir rencontré Europe Ecologie Bretagne et être resté sans réponse d’une demande d’entrevue demandé à Jean-Philippe Magnen, suite à son élection à la région Pays de la Loire, 44=BREIZH avait bon espoir d’être reçu. Visiblement trop tard… « peut être plus tard ». Décevant.

 

Mais décevant, encore un peu plus, quand on lit le programme des journées publiées sur le site d’Europe Ecologie. En effet dès la première page nous sommes accueillis par un « Bienvenue en Pays de la Loire. Notre région, patati patata … ». Et, ce « notre région » c’est les responsables d’Europe Ecologie Nantes et Loire-Atlantique qui l’écrivent. Un bienvenue à « Nantes », en « Loire-Atlantique », aurait pourtant pu éviter un parti pris quelque peu problématique, si tant est qu’on porte un peu d’intérêt à la question de l’unité territoriale de la Bretagne. Enfin, peut être qu’on pourra assister parmi les plus de 100 réunions, tables rondes, débats, modules, projections, … à quelque chose qui pourra permettre d’avancer sur ce sujet…. On cherche, on cherche, …. Ah tiens une table avec Kristian Guyonvarc’h de l’UDB, peut-être que… « Quelle contribution des régionalistes au renforcement de l’écologie politique ». Ah ! En fait c’est une réunion pour savoir quelle place peut avoir la fédération Régions et Peuples Solidaires au sein d’Europe Ecologie. Au fil de la longue lecture du programme, on s’aperçoit d’ailleurs que c’est le seul module où les « régionalistes » sont invités à parler. Tiens là ! « modalités d’organisation et territorialité » … non, en fait aucun intervenant pour aborder l’intérêt de s’organiser autrement qu’en se claquant sur les limites des administrations. A un moment devra vraisemblablement être abordé « la réforme des collectivités » mais sous un un angle purement électoraliste puisque ce sont deux « bureaux » et un conseiller régional Ile-de-France qui interviendront. Rien sur le besoin de démocratie dans « les régions », sur ce mode d’organisation de « fédéralisme différencié » dont certains nous aurons parlé pendant la dernière campagne électorale, sur les droits culturels et politiques des Bretons, des Corses, des Basques, des colonies ultra-marines, … rien et même un peu l’inverse quand on sait qu’Europe Ecologie a préféré inviter Jean Luc Melenchon, l’ultra nationaliste français.

 

En fait si ! il y a quand même quelque chose. Les rédacteurs de la brochure programmatique se sont bien dits qu’ils ne pouvaient éviter le débat de l’unité territoriale de la Bretagne puisqu’ils étaient à Nantes (quand même – ouf !- ils ont quand même fait aussi campagne sur ce sujet). Donc ils nous on écrit un truc qui couperait tout de suite court au débat, puisque de débat il n’y en aura pas. En aparté dans un coin de page, ils titrent « La Découverte … ou l’Ignorance ! ». Et quand on lit ce qui suit on a l’impression qu’ils choisissent volontairement la deuxième option. « Nantes c’est en Bretagne ? C’est au XXe siècle que Nantes a été rattachée aux Pays-de-la-Loire. Mais tout n’est finalement qu’une question de point de vue et les frontières sont bien floues suivant l’angle qu’on adopte (langue, culture, religion, économie, …). Alors mieux vaut peut-être laisser chacun-e choisir.  » La Bretagne n’a pas de papiers, elle n’existe que si à chaque génération des hommes se reconnaissent bretons… » (Tri Yann) ». Est-ce bien ça la proposition d’Europe Ecologie ? Laisser les Bretons, et notamment les habitants de Loire-Atlantique, sans « papiers », sans reconnaissance officielle, …. sans droits. Ceci même en se permettant de reprendre une phrase écrite il y plus de quarante ans, quand la région Pays-de-la-Loire n’existait pas encore, en préférant l’attribuer à un groupe de musique plutôt qu’à l’intellectuel qui l’a écrit, Morvan Lebesque. Et laisser qui « choisir » ? Qui peut aujourd’hui dire que chaque Breton et Bretonne à la liberté et la possibilité de choisir, de se déterminer, sur la question de l’unité administrative de la Bretagne? N’est ce pas volontairement se voiler la face ?

 

 Nous ne voulons pas rester pour l’éternité des « sans-papiers », nous voulons les droits que nous réclamons depuis trop longtemps, et notamment en tant que nantais, celui de l’unité territoriale ! Ce que nous propose ici Europe Ecologie n’est en rien une solution politique acceptable. Est ce que l’histoire doit être un éternel recommencement ? Beaucoup de bretons, que ce soit à Nantes ou à Rennes, placent beaucoup d’espoirs dans Europe Ecologie, à commencer par de fervents militants de la Réunification comme les membres de l’UDB. Des espoirs de renouvellement et de changement de la politique et de la démocratie en Bretagne, les mêmes, me semblent ils, que ceux qui étaient placés dans le Parti Socialiste français dans les années soixante-dix et quatre-vingts. Les mêmes espoirs déçus par une organisation qui aura préféré s’accommoder des institutions plutôt que de les changer réellement. Est ce que ce même schéma est voué à se reproduire avec Europe Ecologie ?

 Jonathan Guillaume