Réunification de la Bretagne : « On veut voter ! ». Rassemblement le sam. 12/03 à Nantes

07/03/2016

Rassemblement le samedi 12 Mars à 14h devant la sous-préfecture de Nantes.

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Depuis le débat parlementaire autour de la réforme des régions en 2014, on avait pas vu les trois principales organisations en faveur de la réunification de la Bretagne faire appel commun. Réunis en conférence de presse ce lundi, le collectif 44=Breizh, DIBAB-Décidez la Bretagne et Bretagne Réunie, appellent à un grand rassemblement le samedi 12 mars à 14h devant la préfecture de Nantes. Un rassemblement pour réclamer une consultation de la population sur la question de la réunification de la Bretagne

En Février dernier, le gouvernement annonce un referendum consultatif en Loire-Atlantique sur la question de l’aéroport, de quoi faire réagir les co-organisateurs de ce rassemblement.
En effet, en 2014, ils organisaient trois manifestations réclamant le droit pour les habitants d’être consulté sur la question de la réunification de la Bretagne. Celles-ci réunirent 10 000, 15 000 puis 30 000 personnes à Nantes. L’année suivante, l’association DIBAB-Décider la Bretagne se crée. Elle organise dans une vingtaine de communes avec des collectifs citoyens locaux, des votations citoyennes symboliques sur la réunification mobilisant de 3% à 21% des électrices et électeurs pour un résultat de 87% pour la réunification du département à la région Bretagne.

« Si le gouvernement peut décider d’une consultation des habitants de Loire-Atlantique sur le projet d’aéroport, alors que ni les opposants ni les défenseurs n’en veulent, pourquoi cela serait impossible ou illégitime de l’organiser quand celle-ci est largement réclamée sur la Réunification ? » interrogent-ils. Alors que le Conseil de l’Europe vient de produire un rapport s’inquiétant de l’absence de consultation à propos de la réforme territoriale, la question de l’absence de consultation des habitantes et habitants à propos de la réunification de la Bretagne, parait plus que pertinente. D’autant, du moins en théorie, que le droit d’option permettrait au département de Loire-Atlantique depuis le 1er janvier de rejoindre la région Bretagne.

Des demandes de rendez-vous ont été envoyées au président du conseil départemental et au préfet, et sont en attente de confirmation.

Pour 44=Breizh, ce rassemblement est un « rassemblement pour la démocratie ». Le gouvernement ne peut pas dire s’en remettre à la démocratie locale en Loire-Atlantique, en organisant un referendum sur l’aéroport, et faire comme si la question de celui-ci ne se posait pas pour la Réunification. Soutenus par quelques élus locaux, Bretagne Réunie, 44=Breizh et Dibab appellent donc à se rassembler le samedi 12 Mars à 14h devant la sous-préfecture de Nantes.

 

 

 


Referendum NDL : « On veut voter pour la réunification de la Bretagne ! »

21/02/2016

APPEL :

Referendum sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes :
la question de le Réunification de la Bretagne doit aussi être posée !

La Loire-Atlantique connaît deux débats anciens qui n’ont, jusqu’à présent, pu être tranchés par la démocratie représentative : la question de l’aéroport de Notre-Dame des Landes et celle de l’intégration du département dans la Région Bretagne.

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Depuis des années de nombreuses mobilisations ont eu lieu dans le Pays Nantais et ailleurs pour que ces deux sujets puissent faire l’objet d’un réel débat et d’une prise de décision populaire et démocratique. Aéroport et réunification, que l’on soit pour ou contre, sont deux projets différents mais liés par une réflexion sur l’aménagement des territoires et par un blocage sur lequel les citoyens et citoyennes n’ont pas prise.

Sans vouloir nous prononcer sur la légitimité et la légalité ou non d’un référendum local sur le projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, l’annonce d’une consultation locale par les représentants de l’État (François Hollande et Manuel Valls) permettrait au débat public d’évoluer.

Pourquoi ne pas profiter de cette occasion pour poser aussi la question de la réunification ou non de la Bretagne ?

En effet, plusieurs éléments traduisent la justesse de cette demande :

De multiples sondages : mettant en avant le souhait des habitants de Loire-Atlantique et de la région Bretagne de se retrouver dans la même région.
– 19 Avril 2014 : 6 000 personnes manifestent à Nantes pour un referendum sur la Réunification
Mai 2014 : Philippe Grosvalet « Si la Loire-Atlantique ne se retrouve pas avec la région Bretagne en cas de changement des limites régionales, je proposerais d’organiser un référendum local »
28 Juin 2014 : 12 000 personnes manifestent à Nantes pour un referendum sur la Réunification
–  27 Septembre 2014 : 30 000 personnes manifestent à Nantes pour la Réunification
De Novembre 2014 à Novembre 2015 : l’association DIBAB co-organisent avec les habitants de 21 communes (dont 8 en Loire-Atlantique) des votations citoyennes sur la réunification. Réunissant jusqu’à 21 % de participation. C’est à dire autant que pour des consultations locales officielles.
1er janvier 2016 : Ouverture du droit d’option, permettant à un département de changer de région.

Tout en disant vouloir assumer la proposition de l’État, M. Grovalet, président du conseil départemental de Loire-Atlantique, a déclaré le département incompétent sur la question. Néanmoins, celui-ci est juridiquement habilité à poser la question du changement de région avec la possibilité ouverte par le droit d’option au 1er janvier de cette année. Si le referendum sur l’aéroport avait bien lieu, il paraîtrait donc logique dans l’intérêt démocratique des habitants du département que la question de la réunification de la Bretagne leur soit posée.

Nous appelons  les partis politiques, associations, élues et élus, citoyennes et citoyens, quel que soient leur position sur le sujet mais qui considèrent que les habitants de Loire-Atlantique ont le droit de décider de cette question à signer et relayer cet appel.

Nous appelons également à une mobilisation importante à Nantes le samedi 12 mars à Nantes devant la préfecture pour soutenir cette demande !

D’ores et déjà nous sollicitions un rendez-vous auprès des autorités compétentes.

Bretagne Réunie, 44=Breizh, Dibab …..


Ce dimanche, votation citoyenne DIBAB – DÉCIDEZ LA BRETAGNE à Saint-Herblain !

15/10/2015

Votation DIBAB a Saint-Herblain

Le collectif 44=Breizh félicite les herblinois & herblinoises qui organisent dimanche prochain une votation avec l’association DIBAB – DÉCIDEZ LA BRETAGNE. Ce sera en effet la première fois qu’une aussi grande ville de Bretagne sera amenée à répondre aux 2 questions posées, concernant la réunification d’une part, et la création d’une Assemblée de Bretagne d’autre part.

Vous trouverez ci-dessous toutes les informations pour pouvoir voter à Saint-Herblain dimanche. Allez voter et faîtes voter vos proches qui habitent Saint-Herblain !

>>> http://dibab.org/fr/tout-savoir-sur-la-votation-de-st-herblain/ <<<


Pour le PS la revendication pour la réunification de la Bretagne ne s’est pas fait entendre

18/12/2014

Le collectif 44=Breizh déplore l’aveuglement et la surdité du gouvernement et du Parti Socialiste sur la nouvelle délimitation des régions venant d’être définitivement adoptée ces derniers jours.

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Christophe Clergeau, futur candidat PS à la région Pays de la Loire ne souhaite lui non plus pas entendre la revendication en faveur de la réunification de la Bretagne

Alors que cette loi touchait directement à l’organisation de la politique et de la démocratie au niveau territorial, le gouvernement et le parlement sont passés à côté d’une occasion qui aurait permis de rapprocher les citoyens des institutions, de les en rendre acteurs.

La volonté de préserver certains intérêts particuliers et une vision technocratique de l’aménagement du territoire, entraînent aujourd’hui le maintien de trois régions faibles à l’Ouest de la France (Bretagne, Pays de la Loire, Centre). La proposition de redécoupages de ces trois régions en deux régions, Val de Loire et Bretagne, était pourtant la plus judicieuse et la plus cohérente avec les objectifs du gouvernement, diminuer le nombre de régions. Celle-ci rencontrait l’assentiment de la majorité des sondages effectués ainsi que des majorités des conseils régionaux de Bretagne et du Centre. Elle avait successivement mobilisée dans les rues de Nantes 10 000, puis 15 000 et 30 000 personnes durant l’année. Les plus importantes manifestations ayant eu lieu à l’occasion de ce projet de loi.

Le collectif 44=Breizh accueille donc avec agacement le communiqué du 17 décembre du Parti Socialiste présentant la loi comme : « Point d’équilibre entre les différentes parties, tenant compte des revendications qui se sont fait entendre ».

Au-delà de la provocation que représente cette déclaration, elle illustre de manière criante le fossé se creusant de plus en plus entre détenteurs du pouvoir et des institutions, et la population. Ces propos méprisants sont propres a entraîner le ressentiment et la colère d’une partie des citoyens engagés dans la lutte pour l’unité de la Bretagne.

Le collectif 44=Breizh appelle à dépasser ces sentiments et leurs réactions. La réunification est le projet d’une Bretagne démocratique qui se construit dans un travail collectif émancipateur. Le PS nous montre que ce n’est pas d’en haut mais à la base que ce type de projet peut émerger. Partout, dans nos associations et syndicats, dans nos entreprises et structures sportives, nous devons construire l’unité de la Bretagne par des engagements en faveur d’une organisation régionale sur les cinq départements.

C’est en ce sens que la plupart des militants du collectif se sont engagés là où ils habitent dans l’organisation de votations citoyennes construites à la base et autour de la plateforme DIBAB-Décidez la Bretagne.

Loin d’enterrer la revendication, cette loi doit ouvrir un nouveau chemin pour l’unité de la Bretagne.


Les propos de P. Grosvalet légitiment l’organisation de votation citoyenne

04/10/2014
Philippe Grosvalet, président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet,
président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Dans l’édition nantaise de Ouest-France du 4 Octobre, Philippe Grosvalet, président du conseil Départemental de Loire-Atlantique répond négativement à la question d’une éventuelle consultation des habitants du département sur la question du rattachement de la Loire-Atlantique à La Bretagne.

 

Philippe Grosvalet reconnaît cependant que la population se sent majoritairement bretonne (« les habitants (…) pensent que la Loire-Atlantique est bretonne »). Dans une interview du mois de mai 2014, il avait reconnu les liens privilégiés qui unissaient la Loire-atlantique à La Bretagne, tant au niveau culturel qu’économique. Il disait alors ne pas accepter « que la Loire-Atlantique ne soit pas avec la Bretagne » en cas d’un redécoupage des régions et prêt à organiser une consultation de la population.

 

Malgré un sondage de juillet 2014 montrant seulement 6 % d’adhésion au projet de fusion entre régions Bretagne et Pays de la Loire en Bretagne (contre 55 % pour la réunification de la Bretagne et 35 % pour le statu quo), M. Grosvalet juge que celle-ci « ne créerait pas de problème (…) elle ferait assez largement consensus ».
Mais comme l’as fait remarquer très justement l’ancien conseiller municipal herblinois Michel Francois, M. Grosvalet confond les habitants de la région « Pays de la Loire » et les habitants du département de « Loire-Atlantique », puisqu’il se trompe sur les chiffres du sondage lorsqu’il avance le chiffre de 67 % en faveur d’une fusion de la région Bretagne et la région Pays de la Loire.
Le collectif 44=BREIZH demande à Philippe Grosvalet de regarder les chiffres et la réalité en face, plutôt que de s’enfoncer dans ses certitudes.

 

L’existence du département n’étant pas remis en cause, la nouvelle carte votée au mois de juillet 2014 ayant entériné le statu quo pour les régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre, M. Grosvalet ne voit plus l’intérêt d’un referendum. Ce que le collectif 44=BREIZH dénonçait comme une conception de la démocratie à « géométrie variable ».

 

Quoiqu’il en soit, ce refus du représentant du département à consulter les habitants du département sur leur avenir régional, légitime l’organisation de votations citoyennes initiées par la plate-forme « DIBAB – DÉCIDEZ LA BRETAGNE », qui organisera son forum de présentation le 25 octobre à Rennes.
C’est donc maintenant aux habitants et aux élus municipaux de prendre leur affaire en main pour organiser cette consultation populaire, dont la première aura lieu le 30 novembre dans une commune du Pays de Retz.

 

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Après la manifestation pour la réunification, une première votation le 30 novembre

27/09/2014

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Le collectif 44=BREIZH tient à saluer Bretagne Réunie pour la réussite de la manifestation en faveur de la réunification de la Bretagne qui a réuni entre 15 000 (selon la préfecture) et 40 000 (selon Bretagne Réunie) personnes à Nantes. Cette mobilisation fait suite à celles du 19 avril et du 28 juin dernier qui avaient réuni respectivement 10 000, puis 15 000 personnes. C’est au moins deux fois plus de monde qui étaient présents aujourd’hui. La revendication de la réunification de la Bretagne mobilise de plus en plus et offre à Nantes la plus importante mobilisation de la rentrée.

Le collectif 44=BREIZH, très septique sur l’éventualité d’une réunification par le biais parlementaire dans les mois à venir, ne souhaite pas que l’issue du débat sur la réforme territoriale laisse la place à un sentiment d’impuissance général. Après 40 ans de mobilisations, de sondages, de vœux, d’interventions d’élus pour la réunification et une forte activité militante, l’issue du débat parlementaire risque d’entraîner une grande déception. Pour le collectif 44=BREIZH ce n’est pas une fatalité.

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Le débat sur la réforme territoriale, qui a laissé entrevoir une lueur d’espoir, vite éteinte, marque la fin d’un cycle dans le mouvement pour la réunification. Sans renier les efforts entrepris depuis 40 ans, il semble désormais évident qu’une évolution stratégique et idéologique est nécessaire pour mobiliser la société bretonne dans son ensemble sur la question de la réunification.

Tant qu’un rapport démocratique suffisant ne sera pas atteint, il parait difficile de dépasser le blocage technocratique actuel.

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Plutôt que de réclamer ou interpeller, il faut s’auto-organiser. C’est en ce sens que 44=BREIZH a profité de la manifestation d’aujourd’hui pour présenter la plate-forme « DIBAB – Décidez la Bretagne ». Une idée reprise par nombre de personnalités présentes aujourd’hui. Prendre notre avenir en mains, c’est la volonté de cette plate-forme dont l’objectif est de coordonner et mettre en place des votations citoyenne auto-organisées sur la question de la réunification de la Bretagne et de l’Assemblée de Bretagne. C’est en redonnant la parole aux habitants que nous construirons la Bretagne de demain.

Élaborée durant l’été avec différents actrices et acteurs du mouvement pour l’unité administrative de la Bretagne, « DIBAB – Décidez la Bretagne » a annoncé l’organisation d’une première votation dans une commune de Loire-Atlantique pour le 30 novembre 2014. Cette commune sera dévoilée à la mi-octobre.

Nous appelons d’ores et déjà l’ensemble des organisations et personnalités engagées en faveur de la réunification sur des bases démocratiques et progressistes, à emboîter le pas de cette votation en prenant contact avec la plate forme via le site dibab.org.

Nous invitons le plus grand nombre à participer au forum international de lancement de « DIBAB – DECIDEZ LA BRETAGNE » le samedi 25 octobre à Rennes.



La réunification : c’est à nous de décider !

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L’Assemblée Nationale vote la carte des régions : les Pays de la Loire bloquent !

18/07/2014

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L’Assemblée Nationale a voté, dans la nuit de jeudi à vendredi, la carte des régions proposée par le groupe PS. Ainsi, les régions Bretagne, Pays de la Loire et Centre, notamment, restent en l’état.

Pour le collectif 44=BREIZH cette situation est la conséquence d’un préalable fixé par le gouvernement, consistant à n’accepter que des fusions de régions alors que certains départements veulent se dissocier de leur région d’appartenance. De fait, l’existence de la Région Pays de la Loire bloque aujourd’hui la volonté d’une Bretagne intégrant la Loire-Atlantique et de la création d’un Val de Loire avec le Centre. Quand deux régions sont bloquées dans leur évolution par une seule, il faut prendre les mesures qui s’imposent.

Mais force est de constater que le gouvernement n’ira pas directement dans le sens d’une dissociation des départements des Pays de la Loire, cette mesure n’entrant pas dans le cadre fixé pour la réforme territoriale. C’est par le droit d’option, permettant à un département de changer de région et qui sera débattu aujourd’hui, que quelques perspectives pour la réunification peuvent voir le jour. Tel qu’il est actuellement proposé au vote, ce droit d’option est extrêmement difficile à mettre place. Le collectif 44=BREIZH compte sur les parlementaires pour le déverrouiller.

Le nouveau redécoupage des régions n’est pas acté, le texte devra revenir devant le Sénat à la rentrée. Si le projet de loi y est modifié, une commission paritaire sera réunie associant des sénateurs et des députés pour tenter de trouver un compromis. Cependant, dans le cadre de la procédure d’urgence déclenchée pour la réforme territoriale, l’Assemblée Nationale aura le dernier mot.

Si la situation restait figée ainsi, cela démontrerait l’incapacité des élus de Bretagne à faire avancer la situation à Paris, nous montrant que la solution passe par la prise de décision ici en Bretagne, par l’organisation par exemple de référendums locaux, plus à même de porter le débat localement qu’au niveau hexagonal.

Poursuivre la mobilisation est donc une nécessité !

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Tribune de Jonathan Guillaume : Châteaubriant, c’est la Bretagne !

15/07/2014

Tribune de Jonathan Guillaume, parue dans www.paysdechateaubriant.fr

CHATEAUBRIANT, C’EST LA BRETAGNE

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Animateur du collectif 44=Breizh et castelbriantais depuis quelques temps, je ne peux m’empêcher de réagir à la tribune commune publiée par Maxime Lelelièvre (UDI) et Jordan Esnault (PS) en faveur d’une région « Grand Ouest ».

Cette prise de position intervient dans le contexte particulier du débat parlementaire sur la réforme territoriale et de mobilisations importantes dans notre département. D’un côté, des citoyennes et citoyens de l’ensemble de la Bretagne, et notamment de Loire-Atlantique, se mobilisent pour réclamer le droit de se déterminer pour une nouvelle assemblée régionale de Bretagne avec la Loire-Atlantique. Ils étaient 10 000 à Nantes le 19 avril dernier et 15 000 le 28 juin. De l’autre, une classe dirigeante et ses aspirants, qui mènent activement campagne pour une fusion des Pays de la Loire et de la région Bretagne, contre une région réunifiant les 5 départements bretons.

Si rien n’empêche des membres de partis concurrents d’exprimer des positions communes, sur le fond, les arguments présentés par Jordan Esnault et Maxime Le lièvre méritent sérieusement d’être réfutés.

Être milieu de rien ne permet pas d’être centre de tout.

En tant que castelbriantais ceux-ci cherchent à mettre en avant les intérêts de la commune dans cette future région. « Châteaubriant pourrait être au centre d’une prometteuse région Grand-Ouest ». Un rapide coup d’œil sur la carte situe naturellement le pays de Chateaubriant au milieu de cette grande étendue. Mais cela suffira-t-il a en faire un « centre », point d’équilibre et d’échange un sein d’un vaste territoire ? Rien n’est moins sûr.

Comme ils le disent, Le « Grand Ouest » c’est la continuité du processus déjà enclenché de métropolisation nantaise :« L’économie mondiale est aujourd’hui fondée sur un réseau dense de métropoles, pleinement actrices de flux toujours plus nombreux. Ces grands centres urbains doivent pouvoir s’adosser à de vastes territoires ».

Soyons clairs, sur ces 30 dernières années, Châteaubriant a clairement pâtit des concentrations économique, démographique et politique entraînées par la métropolisation de Nantes, et dans une moindre mesure, celles de Rennes et Angers. A l’inverse du département, Châteaubriant a subi une réelle perte démographique sur les trois dernières décennies. Un phénomène qui l’amène en 2014 a faire partie des villes les plus pauvres de France, cumulant fragilités économiques, sociales et culturelles. Ce phénomène risque d’ailleurs d’être accentué par le renforcement des compétences des métropoles en 2015*.

Mettre Châteaubriant au milieu d’une région taillée pour la métropole nantaise n’en fera jamais un « centre ». La réforme territoriale, avec la recherche d’équilibre gouvernementale entre pouvoirs départementaux et régionaux, amène un projet peu ambitieux pour l’échelon régional. Doté de réelles compétences, avec une représentation exprimant la diversité géographique, c’est pourtant cet échelon qui serait le mieux à même d’organiser la solidarité, l’égalité et les dynamiques dans tous les territoires. Plutôt qu’un simple support de métropole, la région est capable de faire l’équilibre entre les véritables « centres », comme Nantes, et les localités périphérisées par les métropolisations, comme Châteaubriant. La région n’est pas qu’un échelon administratif, c’est aussi et surtout un espace vécu capable de jouer son rôle si on ne la vide pas de sa substance. Et le problème du « Grand Ouest », c’est que de substance, il n’en a point.

Grand-Ouest et Pays de la Loire, des projets sans fondements

Les élections régionales auront lieu dans un peu plus d’un an. Flatter la position des groupes politiques en place au conseil régional des Pays de la Loire n’est pas anodin pour ces « jeunes loups »* du PS et de l’UDI, ça leur paraît même « logique » : « Nous défendons assez logiquement une garantie de l’unité des cinq départements des Pays de La Loire qui ne peuvent se désolidariser les uns des autres au vu du travail qu’ils ont accompli et reste à accomplir ensemble ».

Néanmoins, le fait que les conseillers régionaux aient, si l’on peut dire, « fait leur job », ne peut pas justifier le maintien de l’intégrité d’une entité administrative aujourd’hui dépassée. Certes, de nombreuses associations sportives, culturelles, syndicales se sont adaptées, souvent malgré elles, au découpage imposé par le conseil régional des Pays de la Loire. Mais, rappelons que dans de multiples domaines la Bretagne à 5 département est d’actualité. Le pouvoir judiciaire est organisé en Bretagne sur les 5 départements, et les magistrats y tiennent. C’est aussi le cas d’une grande association écologique comme Bretagne Vivante. D’un point de vue économique, l’INPI* enregistre le dépôt de 830 marques comportant le nom « Bretagne » quand « Les Pays de la Loire » ne sont enregistrés que 63 fois. L’association entrepreneuriale « Produit en Bretagne », est très bien implantée en Loire-Atlantique et y enregistre un taux de notoriété des plus important. Rappelons qu’aucun entrepreneur n’a encore lancé d’association « Produit en Pays de la Loire » ou « Produit en Grand Ouest »

A l’échelle de l’Europe, les régions dynamiques reposent sur des éléments d’identification solides

L’Ecosse, la Bavière, la Catalogne, etc… ne sont pas de simples points cardinaux des Etats dont elles dépendent. Elles s’inscrivent dans des réalités réalités historiques, politiques, économiques, sociales qui font l’Europe et le Monde d’aujourd’hui. A l’inverse, la région administrative la plus pauvre d’Europe s’appelle « le Nord-Est ». Et savez-vous où c’est ?*

Personnellement, le « Grand Ouest » me fait penser aux régions grolandaises, Groland-du-Haut, Groland-du-bas, Groland-de-Côté et Groland-de-l’Autre-Côté. Régions fictives dont les noms ont été réduits au simple positionnement géographique des territoires et de leurs habitants par rapport à la capitale-centre. Le projet de « Grand Ouest » traduit cette abstraction technocratique et oligarchique effaçant les réalités et les dynamiques humaines des territoires concernés.

Le projet régional se doit de traduire les aspirations de ses habitants afin qu’ils puissent se l’approprier et porter une dynamique territoriale partagée. Le « Grand Ouest », s’appuie sur une vision passéiste, centraliste et élitiste d’une entité administrative comme simple courroie de transmission du pouvoir entre métropoles et Etat, entre Nantes et Paris. Comment affirmer que « tout plaide pour une fusion des deux régions », quand le dernier sondage réalisé montre que seulement 6% des bretonnes et des bretons souhaitent cette fusion (55% pour la réunification, 35% pour le statu quo, 4% ne se prononcent pas)*, et que 70% des habitants du 44 sont favorables à la réunification*. Comment souhaiter « le plus possible de consensus » autour du Grand Ouest, quand 15 000 personnes manifestent à Nantes pour réclamer le droit à un référendum sur la question de la Réunification de la Bretagne, et que les institutions en place leur refusent.

L’avenir, c’est la Bretagne à 5 département

Le Val de Loire et ses Châteaux classés à l’UNESCO, de Châlonnes/Loire (Maine et Loire) à Sully/Loire (région Centre), offre un espace régional connu dont la notoriété a permis un développement économique important. Tout comme Châteaubriant a intérêt à s’appuyer sur le projet de classement en cours des Marches de Bretagne au patrimoine mondial de l’UNESCO, les départements de l’Est des Pays de la Loire ont tout intérêt à profiter de cette appellation dans le cadre d’un nouveau découpage régional. C’est autant pour « eux » que pour « nous » qu’un « Grand Ouest » serait un frein au développement harmonieux et partagé de nos territoires. En quoi l’Ouest serait moderne et la Bretagne, et le Val de Loire, « passéistes » ? Il est malhonnête de vouloir nier les liens entre patrimoine historique et culturel et développement économique. Ils se nourrissent constamment l’un et l’autre !

La Bretagne avec 34 000 km2 et 4,5 millions d’habitants serait parmi les grandes régions européennes, plus grande que la Belgique, plus peuplée que l’Irlande. La Bretagne c’est une région maritime pour la plus grand façade maritime du territoire français, une des premières régions d’Europe en terme de construction navale et aéronautique, de l’industrie liée à la transition énergétique, la première région au niveau des conversions vers l’agriculture biologique, au niveau du tourisme, etc ….

La Bretagne à 5 c’est la possibilité d’une vraie région d’Europe, soutenue et voulue par ses habitants. La Bretagne à 5, ce n’est pas « défendre notre territoire pour le rendre plus fort » comme le revendique M. Lelièvre et J. Esnault. La Bretagne à 5, c’est un territoire pour tous ses habitantes et habitants qui leur permette de vivre, travailler, décider et s’épanouir, c’est une autre vision du bien commun et de l’intérêt collectif.

JONATHAN GUILLAUME

autre article sur Châteaubriant

* Voir la loi de Modernisation de l’Action Publique Territoriale et d’Affirmation des Métropoles, votée le 27 janvier 2014, première étape de la réforme territoriale en cours.
*Institut National de la Propriété Industrielle
* OF Châteaubriant du 06/03/14
* En Roumanie
* sondage LH2/BVA du 10/07/14
* sondage LH2/BVA du 24/06/14