Conseil Général 44 et Réforme territoriale : une démocratie à Géométrie variable

04/06/2014
Philippe Grosvalet, président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet,
président du Conseil Général de Loire-Atlantique

 

Mais où est Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique ?
Répondant à l’annonce de la nouvelle carte territoriale, c’est la question que se sont posés les 300 à 400 personnes rassemblées mardi dernier dans la cour du conseil général de Loire-Atlantique, avant qu’un responsable accepte de recevoir une délégation.

Messieurs Bocher (canton de la Chapelle/Erdre) et Gauchet (canton St-Herblain-Est) en recevant les responsables de Bretagne Réunie et le porte-parole de 44=Breizh leur déclare «Il n’est pas là. Il est parti à l’étranger dans le cadre de ses fonctions». Où ? Ceux-ci refusent étrangement de le dévoiler. Son absence ne l’empêche cependant pas de prendre la parole dans les médias. Hier, après avoir déclaré le 23 mai qu’il organiserait un referendum si le département ne se retrouvait pas dans la même région que la Bretagne administrative, il disait la question de la réunification «définitivement enterrée» par la nouvelle carte territoriale, «elle n’a plus lieu d’être». Des déclarations malvenues qui ont provoqué la colère des manifestants réunis hier soir.

La volonté du CG est aujourd’hui de forcer la région Bretagne à accepter la fusion dans un Grand Ouest. On pourrait même parler «d’annexion»… Grand Ouest, complètement déséquilibré et incohérent, mais qui ravirait le cœur des élus de la région Pays de la Loire, arc-boutés sur «la défense de l’unité des Pays de la Loire», pourtant très contrastée et contestée dans les faits. Dans cette histoire, Jean-Marc Ayrault tire encore les ficelles, et fait le forcing pour que «son» projet s’impose.

Lorsqu’on leur pose la question du caractère démocratique ou non de cette réforme territoriale, les élus s’accordent avec les manifestants : «cette réforme n’a pas du tout été menée de manière démocratique !», et la délégation de leur répondre alors «rendez la démocratique, organisez une consultation populaire !, comme P. Grosvalet l’a dit le 23 mai». Mais les conseillers généraux se plaignent avant tout, de ne pas avoir été consultés, eux. On comprend alors que la consultation populaire aurait eu lieu, mais dans le cas où la Loire-Atlantique aurait rejoint la région Poitou-Charentes. Dans le cadre de l’immobilisme territoriale, la consultation n’a donc plus d’utilité, et même elle gênerait leurs intérêts. Pour le Conseil Général, la solution est donc une démocratie à géométrie variable.

Alors qu’ils reconnaissent tous les avantages qu’amènerait pour le département une région bretonne avec la Loire-Atlantique, (Philippe Grosvalet le reconnaissait dans une interview à Ouest France le 23 mai), Messieurs Boché et Gaucher et le conseil général dans son ensemble préfèrent donc que rien ne bouge. Si on ne peut pas faire une fusion Pays de la Loire – Bretagne, ce qui semble impossible vu la position de la région Bretagne, le conseil Général choisira l’immobilisme. Ceci est si clair que Philippe Grosvalet déclare aujourd’hui qu’il ne dispose pas de la capacité à organiser un referendum d’initiative locale. Ce qui était possible il y a dix jours l’est pourtant toujours, il demande juste de la volonté politique. La région Pays de la Loire pourrait s’opposer selon la loi au résultat d’une telle consultation, mais il permettrait clairement de faire bouger les lignes et de sortir du carcan régional ligérien.

Nous le voyons, la solution qui permettra de sortir de l’immobilisme, qui permettra aux autres départements de la région Pays de la Loire de se retrouver dans des projets régionaux cohérents, c’est un déblocage démocratique sur la question de la réunification et non un «enterrement» comme le voudraient Jacques Auxiette et Philippe Grosvalet. La réforme territoriale n’a pas proposé un enterrement de la question de la Réunification, mais a en fait plutôt dévoilé l’impossibilité d’une région Grand-Ouest.

Le danger aujourd’hui est donc de rester dans une région sans cohérence qui deviendrait vite une région «naine» face à des grands ensemble très supérieurs en population et superficie ou en capacités d’actions politiques (statut spécial, collectivité unique, etc …). Une situation qui serait déplorable pour la Loire-Atlantique, mais aussi pour les autres départements de la région Pays de la Loire.
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Réforme territoriale : le CG de Loire-Atlantique investi par les manifestants pour réclamer un référendum

03/06/2014

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A l’appel de 44=BREIZH et Bretagne Réunie, environ un millier de personnes se sont rassemblées devant les différentes préfectures de Bretagne pour dénoncer la nouvelle carte des régions issue de la réforme territoriale.
A Brest, Rennes, Quimper, Vannes, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire et Nantes, les manifestants ont demandé le droit de pouvoir décider des limites de leur région et de prendre en compte la revendication d’une Bretagne à cinq départements. En effet, la nouvelle carte des régions présentée par l’Élysée est la conséquence de jeux de pouvoirs au sein du PS et n’a pas laissé la place à un débat populaire et à l’émergence de véritables espaces régionaux.

A Nantes, les manifestants ont envahi la cour du Conseil Général de Loire-Atlantique aux cris de « démocratie pour la Bretagne » et « Vichy* c’est fini : démocratie » pour réclamer le droit à un référendum départemental sur le redécoupage. Cette action spontanée est le fait d’une exaspération face à l’absence d’un débat contradictoire associant les citoyens sur leur avenir institutionnel. Il n’est en effet pas acceptable que la ville de Nantes, la Région Pays de la Loire et maintenant le département prennent des décisions sur l’avenir des régions sans aucune consultation des populations. Jacques Auxiette a beau dénoncer notre action, nous, nous dénonçons l’utilisation de l’argent public et le détournement des outils techniques de sa collectivité pour créer un lobbying ne laissant pas la place à un véritable débat. Entre une occupation pacifique d’un bâtiment ou se plier à une démocratie bafouée, nous avons fait notre choix.

Jonathan Guillaume, porte-parole du collectif 44=BREIZH

Jonathan Guillaume, porte-parole du collectif 44=BREIZH


Un exercice démocratique, c’est d’ailleurs ce que proposait le président du conseil général avant de se contredire complètement. Philippe Grosvalet déclarait en effet il y a quelques jours la possibilité d’un référendum d’initiative locale si le département de Loire-Atlantique n’était pas intégré à la Bretagne, quel que soit le découpage. Aujourd’hui, le président du conseil général n’est plus dans cette dynamique malgré le maintien du découpage actuel et a déclaré que « le projet de réunification est enterré » tout en se permettant de qualifier les habitants favorables à la réunification de personnes « qui se complaisent dans des débats passéistes ». Philippe Grosvalet a également  déclaré que « Le président de la Loire-Atlantique n’a pas la capacité à organiser un référendum d’initiative locale sur un sujet qui n’est pas de sa compétence ». Il semblerait pourtant que décider à la place des citoyens de leur cadre institutionnel ne soit pas plus de sa compétence… Ce revirement tout en dénigrant les partisans de la réunification est une honte.

Après deux heures d’attente dans la cour du Conseil Général, le Collectif 44=BREIZH et Bretagne Réunie ont été reçus par deux conseillers généraux et le président du cabinet de Philippe Grosvalet. Les élus ont confirmé leur position sur le Grand Ouest. Nous avons demandé, simplement, que les habitants aient le droit de s’exprimer démocratiquement sur leur avenir institutionnel. Cette perspective a été refusée par les élus qui, rassurés de ne pas avoir été fusionnés avec le Centre ou le Poitou, ne semblent plus voir l’utilité de consulter la population. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

SI nous ne pouvons voter, décider de notre avenir institutionnel, si nos élus se permettent de dénigrer ceux qui souhaitent un autre avenir pour nos territoires alors nous détruirons nos cartes d’électeurs devant la presse lors de la manifestation du 28 juin à Nantes pour dénoncer cette situation.

Toutes et tous à Nantes,
le 28 juin à 14H devant la préfecture !

Démocratie pour la Bretagne !

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Info ou intox ?? Auxiette annonce aux médias la future fusion « Pays de la Loire » & « Poitou-Charentes »

02/06/2014

pays-de-la-loire-poitou-charentes-44-breizh-01Le collectif 44=BREIZH vient de l’apprendre par la presse locale :
« Le Président de la République vient de l’annoncer, dans un coup de téléphone au président des Pays de la Loire, Jacques Auxiette. Les Pays de la Loire vont fusionner avec le Poitou-Charentes ».

L’Élysée ne confirme aucune information pour l’instant. Nous restons prudents sur les différentes possibilités qui ont été envisagées ces dernières semaines, chacun tentant de faire influer ses réseaux avant que la réforme territoriale soit présentée.

Nous attendons la prise de parole du président de la République François Hollande afin de savoir ce qui sera réellement présenté dans le cadre de cette réforme territoriale, mais nous appelons d’ores et déjà à des rassemblements demain (mardi 3 juin) dans plusieurs villes :

• Nantes/Naoned : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (quai Ceineray).
• Rennes/Roazhon : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (rue Martenot).
• Quimper/Kemper : Rassemblement à partir de 17h30 devant la préfecture (Boulevard Dupleix).
• Brest : Rassemblement devant la mairie à partir de 17h00 (place de la Liberté).
• St-Brieuc/St-Brieg : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture.
• Vannes/Gwened : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (place Charles De Gaulle).

Réforme territoriale : point sur les rassemblements annoncés pour demain

02/06/2014
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François Hollande devrait annoncer le contenu de la prochaine réforme territoriale mardi 3 juin.
Le collectif 44=BREIZH et plusieurs associations appellent à des rassemblements spontanés dans plusieurs villes :

 

• Nantes/Naoned : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (quai Ceineray).
• Rennes/Roazhon : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (rue Martenot).
• Quimper/Kemper : Rassemblement à partir de 17h30 devant la préfecture (Boulevard Dupleix).
• Brest : Rassemblement devant la mairie à partir de 17h00 (place de la Liberté).
• St-Brieuc/St-Brieg : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture.
• Vannes/Gwened : Rassemblement à partir de 17h00 devant la préfecture (place Charles De Gaulle).

 

Nous rappelons que ces rassemblements sont à l’initiative de 44=BREIZH, ainsi que de Bretagne Réunie dans plusieurs villes. C’est avec satisfaction que nous relevons les appels de plusieurs organisations politiques et élus à se joindre à ces rassemblements. Nous prions la presse de noter que ces rassemblements se font sur l’unique revendication d’une Bretagne à 5 départements dans le cadre de la réforme territoriale, qu’ils ne sont pas organisés par les bonnets rouges et ne font rien parti de leur dynamique interne.

 

Nous n’acceptons pas que la question de la réunification, qui mobilise les collectivités et la société civile en Bretagne depuis de nombreuses années, soit balayée d’un revers de main par le gouvernement. De même que nous n’acceptons pas que la Bretagne puisse perdre toute existence administrative et politique en se fondant dans un Grand Ouest mou et vide de projet.

 

Encore une fois, l’avis de la population, le débat démocratique, ne sont pas pris en compte dans cette reforme.

 

MOBILISONS-NOUS PARTOUT EN BRETAGNE
POUR LA RÉUNIFICATION !
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La tribune de Pierrick Massiot pour la réunification va dans le sens de la démocratie

28/05/2014

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Le président de la Région Bretagne, Pierrick Massiot, a publié dans la presse régionale, y compris en Loire-Atlantique, une « lettre à la Bretagne » pour défendre une collectivité unique et la réunification (voir la lettre en fin de texte).

Le collectif 44=BREIZH apprécie cette initiative qui va dans la continuité des voeux formulés par la Région. Répondre aux élus qui agitent le chiffon rouge du « repli sur soi », rappeler la position de la Région pour une Bretagne réunifiée et innovante par son projet d’Assemblée de Bretagne à cinq départements était nécessaire et c’est chose faite. Nous notons que contrairement aux élus des Pays de la Loire, Pierrick Massiot souhaite ouvrir le débat et associer la population. C’est tout à son honneur et les élus « ligériens » devraient s’en inspirer.

Le collectif 44=BREIZH reste tout de même inquiet face aux différentes rumeurs sur la réforme territoriale relayées par la presse. La Tribune a en effet affirmé que des fusions entre les régions constitueraient la seule possibilité d’évolution de la carte des régions, contredisant l’Express qui déclarait il y a une semaine que la Loire-Atlantique ferait exception en rejoignant la Bretagne. Hier, le Télégramme publiait un article annonçant qu’après une fusion des Pays de la Loire avec une autre région (hors Bretagne), lors d’une »deuxième étape […] un droit d’options serait octroyé aux départements qui souhaiteraient se rapprocher d’une région. » Ces informations imprécises et parfois contradictoires nécessitent une clarification.

Une annonce de François Hollande est programmée pour la semaine prochaine et tout laisse penser que les futures annonces n’iront pas dans le sens d’une réunification. Nous ne pourrions pas envisager qu’à l’occasion de la réforme territoriale, la mobilisation des habitants de Loire-Atlantique ne soit pas entendue.

Nous appelons la Région Bretagne et le conseil général de Loire-Atlantique à, d’ores et déjà, se rapprocher et mettre en place les moyens d’un véritable débat. Le collectif 44=BREIZH souhaite également être tenu au courant des initiatives qui seront prises par ces collectivités dans les mois à venir.

 Le collectif 44=BREIZH

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Réunification : oui à une consultation populaire

23/05/2014
Philippe Grosvalet, président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet,
président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet, président du conseil général de Loire-Atlantique a réagi à la question du redécoupage des régions en lien avec la réforme territoriale. Face à la perspective d’une fusion avec la région Centre ou Poitou-Charentes, il a déclaré « je n’accepterai pas que la Loire-Atlantique ne soit pas avec la Bretagne ». Favorable à une fusion Bretagne-Pays de la Loire, il a déclaré que si une carte imposée se faisait jour coupant la Loire-Atlantique de la Bretagne, il serait prêt à organiser une consultation populaire dans le département sur cette question. Si la fusion avec la région Poitou-Charentes apparaît surtout comme un effet d’annonce peu probable de Jacques Auxiette pour s’opposer à la réunification de la Bretagne, la question essentielle de l’unité administrative de la Bretagne ne doit pas être mise de côté.

Le collectif 44=BREIZH accueille avec une certaine satisfaction la prise de position du président du conseil général, qui ne s’était pas encore fait entendre après les différentes prises de positions des présidents des conseils régionaux sur la question. Bien que l’idée d’un Grand Ouest ne soit pas la solution privilégiée par la population, M. Grosvalet rappelle que la question du redécoupage ne peut pas éluder la place de la Loire-Atlantique vis-à-vis de la Bretagne. Nous attirons cependant l’attention des élus et de la population de Loire-Atlantique sur l’improbabilité d’une fusion de la Bretagne avec une autre Région. 90% des sondés se sont prononcés contre cette perspective et très peu d’élus se risqueraient à faire perdre à la Bretagne sa représentativité administrative. D’autant qu’une fusion ne pourrait être que dommageable au niveau électoral pour les représentants actuels des collectivités bretonnes et qu’une simple étincelle pourrait rallumer les mouvement sociaux que nous avons connu ces derniers mois en Bretagne.



Compte tenu de la position du président du Conseil Général, la fusion des Pays de la Loire avec la région Centre ne serait donc pas non plus la bienvenue. Le président du Conseil Régional du Centre, tout en acceptant une fusion avec les trois départements orientaux de la région voisine, s’est dit défavorable à une intégration de la Loire-Atlantique. Ce serait cependant, et selon nos informations, la position défendue par le gouvernement. Dans une telle collectivité, la Loire-Atlantique serait écartée à la périphérie d’une région allant de Saint-Nazaire à Bourges, et resterait malheureusement ancrée dans une région terrienne, reléguant encore une fois la dimension maritime du département.

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Aussi, nous soutenons l’idée d’un référendum populaire et proposant des perspectives diverses, mais qui intégrerait honnêtement ces réalités. Les régions doivent se baser sur un assentiment populaire, nous ne nous limitons pas à des considérations culturelles mais à un exercice démocratique qui se doit d’avoir lieu dans le climat politique actuel.


Jacques Auxiette, apprenti sorcier ou entremetteuse ?

21/05/2014

44≠BZH_Pays_de_la_Loire_Poitou_charentes-01De jour en jour, Jacques Auxiette multiplie les combines pour empêcher toute réalisation d’un processus de réunification de la Bretagne dans le cadre de l’objectif fixé par le gouvernement et le président de la République de réduction du nombre de régions administratives. Pour ce faire, il joue les entremetteurs avec les régions qui accepteraient bien les épousailles avec les Pays de la Loire, quitte à leur forcer un peu la main.

Le 24 avril le président de Région lançait un appel pour défendre l’unité des Pays de la Loire. En session extraordinaire le 13 Mai, Jacques Auxiette déclarait «s‘il fallait, malgré tout un jour faire évoluer les limites administratives, la seule solution cohérente et démocratiquement acceptable, celle qui va dans le sens de l’ouverture au monde et de l’histoire, sera la création d’une grande Région Ouest, fusion de la Bretagne et des Pays de la Loire». À cette occasion il disait vouloir «prendre part au débat ouvert par l’État». Ce débat, la région Bretagne et le conseil général de Loire-Atlantique y ont déjà pris part en formulant dés 2001 des vœux en faveur de la Réunification, plusieurs fois renouvelé et jamais contredit. Un travail commun entre les deux collectivités avait d’ailleurs déjà entamé entre 2005 et 2012 avec l’établissement de commissions mixtes liant les représentants des deux collectivités. Malheureusement interrompu à la faveur des élections cantonales de 2011. Aujourd’hui très peu d’élus de la région Bretagne se risquent à défendre la fusion des régions Pays de la Loire et Bretagne dans un «Grand Ouest» faisant purement et simplement disparaître la Bretagne de la carte administrative.

Tout comme la région Bretagne, un «mariage forcé» ne semble pas non plus être du goût du président de la région Centre qui affirmait le 10 avril la nécessité d’une région dont «le périmètre ne pourrait s’élargir qu’autour de son élément de forte identité, la Loire, pour constituer une belle région Centre-Val de Loire (…) mais pas jusqu’à Nantes qui a des problématiques spécifiques, maritimes, dont le département pourrait être rattaché à la Bretagne».

Face aux refus des régions Bretagne et Centre d’une fusion intégrale imposée par la région Pays de la Loire, il semble que Jacques Auxiette ait peut-être trouvé une épouse consentante à travers le Poitou-Charentes. En effet, hier, la Région Poitou-Charente annonçait avec le représentant de la région des Pays de la Loire une saisine de leurs CESER respectifs pour étudier une fusion de leur deux régions. En quelques jours, Jacques Auxiette joue donc les infidèles avec celles et ceux à qui quelques jours auparavant il promettait les 32 000 m2 de «son» domaine régional.

Comment défendre la création d’une nouvelle région, jusque là jamais proposée, dans un «mariage» à la va-vite qui ne se construit que dans l’opposition à la réunification de la Bretagne ? Il semble bien cet effet d’annonce serve avant tout de paravent pour bloquer la réorganisation des régions de l’Ouest hexagonal et n’ait que peu de chance d’aboutir. Jacques Auxiette fait donc fi des 10 000 personnes qui manifestaient le 19 avril dernier à Nantes pour réclamer une Bretagne à 5 départements. Son comportement renforce de jour en jour la défiance de la population vis à vis des institutions et des élus. En s’habillant d’une légitimité électorale, il n’hésite pas à utiliser les deniers publics pour défendre ses propres positions politiques, agissant à la manière d’un seigneur féodal s’appropriant la destinée du territoire qu’il gouverne.

Alors que des élus agitent le chiffon rouge de l’identité comme un danger, nous affirmons que détruire tout lien entre la population et son territoire, n’empêchera en rien les comportements d’exclusion et de repli, loin de caractériser l’identité bretonne. Les nouvelles régions ont besoin de s’appuyer sur les réalités humaines pour articuler les compétences économiques et sociale du territoire, elles ont besoin de cette réalité humaine pour revêtir la dimension démocratique des collectivités régionales. C’est le sens d’une Bretagne réunifiée. Les différents prises de position des représentants des collectivités concernées montrent que la solution la plus cohérente et la plus juste est celle faite depuis de nombreuses années par 44=Breizh et nombre d’associations, d’élus et d’universitaires : fusion du département de Loire-Atlantique avec la région Bretagne, rattachement du Maine-et-Loire, de la Mayenne et de la Sarthe avec la région centre dans une région val de Loire, et intégration de la Vendée, le bas-Poitou, avec la région Poitou-Charentes.

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