Signez la pétition contre le Grand Ouest et pour une Bretagne avec la Loire-Atlantique dans un Ouest équilibré !

06/06/2014

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[LIEN VERS LA PÉTITION]

Le Collectif 44=BREIZH lance une pétition pour dire non au Grand Ouest et oui à une Bretagne avec la Loire-Atlantique dans un Ouest équilibré. Alors que Philippe Grosvalet lance une pétition pour le Grand Ouest en utilisant les moyens de communication d’une institution publique et en dehors du programme politique sur lequel il a été élu, nous voulons donner la parole aux personnes qui portent un projet différent. Nous notons aussi avec étonnement que de nombreuses personnes signent la pétition de M. Grosvalet en pensant qu’il soutiennent… la Bretagne réunifiée !

Nous vous invitons à signer cette pétition :

Non au Grand Ouest,
Oui à une Bretagne avec la Loire-Atlantique
dans un Ouest équilibré !

Auteur : Collectif 44=BREIZH

Créé le 06/06/2014 – Fin le 10/07/2014

À l’attention : de Messieurs François Hollande, Jacques Auxiette et Philippe Grosvalet

La réforme territoriale lancée par le Président de la République prévoit une carte surréaliste où les Régions Pays de la Loire et Bretagne ont été maintenues. Ce statu quo ne répond pas à la nécessité de régions cohérentes, fortes et reconnues par les citoyens comme à l’international.

Un Grand Ouest ne permettrait pas de relever ce défi. Ce serait une région faible, sans attachement populaire (pourtant nécessaire pour favoriser la citoyenneté) et à la merci des métropoles de Nantes et Rennes. Les territoires situés à l’ouest de la Bretagne et à l’est des Pays de la Loire seraient marginalisés dans une telle région.

Un redécoupage des régions de l’Ouest en quatre régions prenant en compte la réunification de la Bretagne est nécessaire. L’intégration de la Loire-Atlantique en Bretagne, la création d’une région Vendée-Poitou-Charentes et d’une région Val de Loire regroupant le Centre, la Mayenne, la Sarthe et le Maine-et-Loire permettrait à ces collectivités de se hisser au rang des grandes régions européennes et mondiales. Leur lisibilité, leur poids démographique équilibré et leur force économique en seraient améliorés.

Dépassons les blocages d’une poignée d’élus qui consistent à ne pas consulter la population. Associons les habitants, donnons leur le droit de décider de l’avenir de leurs collectivités et ainsi renforçons la démocratie !

En signant cette pétition, vous :

– Refusez une fusion des régions Bretagne et Pays de la Loire dans un Grand Ouest mou et incohérent.
– Demandez un véritable débat citoyen digne de toute démocratie avec un référendum
.
– Demandez la prise en compte d’un découpage de l’ouest de la France plus cohérent.

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Loire-Atlantique : choisissons notre région ! Nous avons le droit de décider !

05/06/2014

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Tous et toutes à Nantes le 28 juin à 14h00 !


Le collectif 44=BREIZH organise un grand rassemblement le samedi 28 juin à Nantes pour réclamer le droit des habitants de Loire-Atlantique de décider du choix de leur région.

Nous constatons que les citoyens n’ont pas le droit à la parole dans le débat sur la réforme territoriale. Depuis plusieurs semaines, les représentants de la Région Pays de la Loire et de la Ville de Nantes entreprennent un lobbying actif pour créer un Grand Ouest. Aucun d’entre eux n’exprimait clairement sa volonté de création d’une telle région dans les programmes électoraux sur lesquels ils ont été élus. A aucun moment la population n’a été associée ou consultée sur cette position. Le seul « débat » qui a été créé s’est résumé à une session extraordinaire du Conseil régional des Pays de la Loire où les personnes favorables à un découpage régional alternatif n’ont pas été invités. L’argent public et les moyens techniques et humains ont été utilisés par les élus de la région Pays de la Loire pour défendre un projet technocratique et contesté depuis maintenant 40 ans.

Le collectif 44=BREIZH considère que les habitants doivent être associés aux décisions qui seront prises sur leur avenir institutionnel sans quoi la coupure entre les élus et le peuple ne saurait que se renforcer au profit des populistes. Les élus ne doivent pas craindre l’expression démocratique du peuple et ne peuvent pas se cacher derrière des déclarations du type « les gens risquent de ne pas répondre aux questions qu’on leur pose ». Pour notre part, nous faisons confiance aux citoyens qui, si un débat démocratique et équitable leur est proposé, sauront choisir ce qui leur semble le plus pertinent. L’organisation d’un référendum local alors que le gouvernement impose une carte ubuesque serait l’occasion pour les habitants de s’exprimer et pour les élus de montrer qu’ils prennent en considération les volontés populaires. Chacun en ressortirait grandi.

Aussi, ce rassemblement organisé par le collectif 44=BREIZH a pour but de demander une consultation populaire en Loire-Atlantique qui, dans le cadre de la réforme territoriale, poserait la question de l’intégration du département de la Loire-Atlantique au sein de la Région Bretagne, en lien avec le projet d’une Assemblée regroupant région et départements. Nous serions prêts à travailler au sein d’un comité d’organisation avec des élus et des représentants de la société civile, favorables à la réunification mais aussi au Grand Ouest pour l’élaboration des questions et la tournure des réponses possibles.

Le collectif 44=BREIZH demande un référendum qui soit d’abord posé sur le département de Loire-Atlantique. En effet, ce département a fait plusieurs fois des vœux sur la réunification, sa population se montre intéressée par la réunification dans les sondages et manifeste depuis 40 ans dans ce sens au cours de mobilisations populaires. C’est aussi de la préférence de ce département, qui est le territoire central de l’évolution de l’ouest de la France, que pourront échafauder les possibilités d’évolutions pour la Bretagne mais aussi pour les autres départements des Pays de la Loire, qui doivent avoir le choix. Il nous semble aussi légitime que ce soit là où une revendication s’exprime que la consultation soit effectuée.

Le collectif 44=BREIZH organisera au cours de ce rassemblement une action médiatique et symbolique pour réclamer ce référendum. Nous prévoyons en effet de déverser devant le conseil général des cartes électorales et vous demandons d’apporter la votre pour dénoncer cette privation de démocratie dans laquelle nous nous trouvons et témoigner de notre volonté de décider de notre avenir institutionnel.


Tous et toutes à Nantes devant la préfecture (6 Quai Ceineray)
le 28 juin à 14h00 !


Conseil Général 44 et Réforme territoriale : une démocratie à Géométrie variable

04/06/2014
Philippe Grosvalet, président du Conseil Général de Loire-Atlantique

Philippe Grosvalet,
président du Conseil Général de Loire-Atlantique

 

Mais où est Philippe Grosvalet, président du département de Loire-Atlantique ?
Répondant à l’annonce de la nouvelle carte territoriale, c’est la question que se sont posés les 300 à 400 personnes rassemblées mardi dernier dans la cour du conseil général de Loire-Atlantique, avant qu’un responsable accepte de recevoir une délégation.

Messieurs Bocher (canton de la Chapelle/Erdre) et Gauchet (canton St-Herblain-Est) en recevant les responsables de Bretagne Réunie et le porte-parole de 44=Breizh leur déclare «Il n’est pas là. Il est parti à l’étranger dans le cadre de ses fonctions». Où ? Ceux-ci refusent étrangement de le dévoiler. Son absence ne l’empêche cependant pas de prendre la parole dans les médias. Hier, après avoir déclaré le 23 mai qu’il organiserait un referendum si le département ne se retrouvait pas dans la même région que la Bretagne administrative, il disait la question de la réunification «définitivement enterrée» par la nouvelle carte territoriale, «elle n’a plus lieu d’être». Des déclarations malvenues qui ont provoqué la colère des manifestants réunis hier soir.

La volonté du CG est aujourd’hui de forcer la région Bretagne à accepter la fusion dans un Grand Ouest. On pourrait même parler «d’annexion»… Grand Ouest, complètement déséquilibré et incohérent, mais qui ravirait le cœur des élus de la région Pays de la Loire, arc-boutés sur «la défense de l’unité des Pays de la Loire», pourtant très contrastée et contestée dans les faits. Dans cette histoire, Jean-Marc Ayrault tire encore les ficelles, et fait le forcing pour que «son» projet s’impose.

Lorsqu’on leur pose la question du caractère démocratique ou non de cette réforme territoriale, les élus s’accordent avec les manifestants : «cette réforme n’a pas du tout été menée de manière démocratique !», et la délégation de leur répondre alors «rendez la démocratique, organisez une consultation populaire !, comme P. Grosvalet l’a dit le 23 mai». Mais les conseillers généraux se plaignent avant tout, de ne pas avoir été consultés, eux. On comprend alors que la consultation populaire aurait eu lieu, mais dans le cas où la Loire-Atlantique aurait rejoint la région Poitou-Charentes. Dans le cadre de l’immobilisme territoriale, la consultation n’a donc plus d’utilité, et même elle gênerait leurs intérêts. Pour le Conseil Général, la solution est donc une démocratie à géométrie variable.

Alors qu’ils reconnaissent tous les avantages qu’amènerait pour le département une région bretonne avec la Loire-Atlantique, (Philippe Grosvalet le reconnaissait dans une interview à Ouest France le 23 mai), Messieurs Boché et Gaucher et le conseil général dans son ensemble préfèrent donc que rien ne bouge. Si on ne peut pas faire une fusion Pays de la Loire – Bretagne, ce qui semble impossible vu la position de la région Bretagne, le conseil Général choisira l’immobilisme. Ceci est si clair que Philippe Grosvalet déclare aujourd’hui qu’il ne dispose pas de la capacité à organiser un referendum d’initiative locale. Ce qui était possible il y a dix jours l’est pourtant toujours, il demande juste de la volonté politique. La région Pays de la Loire pourrait s’opposer selon la loi au résultat d’une telle consultation, mais il permettrait clairement de faire bouger les lignes et de sortir du carcan régional ligérien.

Nous le voyons, la solution qui permettra de sortir de l’immobilisme, qui permettra aux autres départements de la région Pays de la Loire de se retrouver dans des projets régionaux cohérents, c’est un déblocage démocratique sur la question de la réunification et non un «enterrement» comme le voudraient Jacques Auxiette et Philippe Grosvalet. La réforme territoriale n’a pas proposé un enterrement de la question de la Réunification, mais a en fait plutôt dévoilé l’impossibilité d’une région Grand-Ouest.

Le danger aujourd’hui est donc de rester dans une région sans cohérence qui deviendrait vite une région «naine» face à des grands ensemble très supérieurs en population et superficie ou en capacités d’actions politiques (statut spécial, collectivité unique, etc …). Une situation qui serait déplorable pour la Loire-Atlantique, mais aussi pour les autres départements de la région Pays de la Loire.

Réforme territoriale : le CG de Loire-Atlantique investi par les manifestants pour réclamer un référendum

03/06/2014

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A l’appel de 44=BREIZH et Bretagne Réunie, environ un millier de personnes se sont rassemblées devant les différentes préfectures de Bretagne pour dénoncer la nouvelle carte des régions issue de la réforme territoriale.
A Brest, Rennes, Quimper, Vannes, Saint-Brieuc, Saint-Nazaire et Nantes, les manifestants ont demandé le droit de pouvoir décider des limites de leur région et de prendre en compte la revendication d’une Bretagne à cinq départements. En effet, la nouvelle carte des régions présentée par l’Élysée est la conséquence de jeux de pouvoirs au sein du PS et n’a pas laissé la place à un débat populaire et à l’émergence de véritables espaces régionaux.

A Nantes, les manifestants ont envahi la cour du Conseil Général de Loire-Atlantique aux cris de « démocratie pour la Bretagne » et « Vichy* c’est fini : démocratie » pour réclamer le droit à un référendum départemental sur le redécoupage. Cette action spontanée est le fait d’une exaspération face à l’absence d’un débat contradictoire associant les citoyens sur leur avenir institutionnel. Il n’est en effet pas acceptable que la ville de Nantes, la Région Pays de la Loire et maintenant le département prennent des décisions sur l’avenir des régions sans aucune consultation des populations. Jacques Auxiette a beau dénoncer notre action, nous, nous dénonçons l’utilisation de l’argent public et le détournement des outils techniques de sa collectivité pour créer un lobbying ne laissant pas la place à un véritable débat. Entre une occupation pacifique d’un bâtiment ou se plier à une démocratie bafouée, nous avons fait notre choix.

Jonathan Guillaume, porte-parole du collectif 44=BREIZH

Jonathan Guillaume, porte-parole du collectif 44=BREIZH


Un exercice démocratique, c’est d’ailleurs ce que proposait le président du conseil général avant de se contredire complètement. Philippe Grosvalet déclarait en effet il y a quelques jours la possibilité d’un référendum d’initiative locale si le département de Loire-Atlantique n’était pas intégré à la Bretagne, quel que soit le découpage. Aujourd’hui, le président du conseil général n’est plus dans cette dynamique malgré le maintien du découpage actuel et a déclaré que « le projet de réunification est enterré » tout en se permettant de qualifier les habitants favorables à la réunification de personnes « qui se complaisent dans des débats passéistes ». Philippe Grosvalet a également  déclaré que « Le président de la Loire-Atlantique n’a pas la capacité à organiser un référendum d’initiative locale sur un sujet qui n’est pas de sa compétence ». Il semblerait pourtant que décider à la place des citoyens de leur cadre institutionnel ne soit pas plus de sa compétence… Ce revirement tout en dénigrant les partisans de la réunification est une honte.

Après deux heures d’attente dans la cour du Conseil Général, le Collectif 44=BREIZH et Bretagne Réunie ont été reçus par deux conseillers généraux et le président du cabinet de Philippe Grosvalet. Les élus ont confirmé leur position sur le Grand Ouest. Nous avons demandé, simplement, que les habitants aient le droit de s’exprimer démocratiquement sur leur avenir institutionnel. Cette perspective a été refusée par les élus qui, rassurés de ne pas avoir été fusionnés avec le Centre ou le Poitou, ne semblent plus voir l’utilité de consulter la population. Ce n’est pas notre conception de la démocratie.

SI nous ne pouvons voter, décider de notre avenir institutionnel, si nos élus se permettent de dénigrer ceux qui souhaitent un autre avenir pour nos territoires alors nous détruirons nos cartes d’électeurs devant la presse lors de la manifestation du 28 juin à Nantes pour dénoncer cette situation.

Toutes et tous à Nantes,
le 28 juin à 14H devant la préfecture !

Démocratie pour la Bretagne !

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La « non-réforme » territoriale : appel à mobilisation contre un scandale démocratique !

02/06/2014

 

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Après divers rebondissement, le service communication de l’Élysée vient d’envoyer une carte aux journalistes. Rien ne change dans la région où les attentes concernant la décentralisation et la réforme territoriale étaient les plus intenses !
Durant toute la journée les infos contradictoires ont fuité, passant d’un scénario à un autre. Après l’annonce incroyable d’une fusion Pays de la Loire/Poitou-Charentes par Jacques Auxiette, c’est au final la solution de l’immobilisme pour l’ouest de la France qui a été choisie !
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Alors que François Hollande voulait faire de cette réforme le témoignage de sa capacité d’action, il perd toute crédibilité dans un des derniers territoire qui accordait encore quelque influence électorale au PS. C’est le règne dévoilé des barons locaux où, à la cour de l’Élysée, celui qui use des plus sombres tours pour préserver son domaine se voit récompenser.
 
Quel spectacle honteux pour la démocratie. Nous réclamons la possibilité pour les citoyennes et citoyens de participer à la réforme de leur espace régional, de pouvoir décider et participer à la destinée de leur région et ses politiques publiques. Ce droit, l’État, les maires des grandes métropoles, le président de la région Pays de la Loire, nous l’ont volé aujourd’hui ! Cet immobilisme, après tant d’attentes, annoncé sans aucune consultation populaire est un véritable scandale démocratique. Les citoyens ne sont pas des pions dont on peut changer le cadre démocratique et institutionnel sans consultation.
 
Nous appelons donc d’ores et déjà à être le plus nombreux possible, notamment à Nantes, pour les rassemblements du mardi 3 Juin, où l’opinion public et les médias nous attendent !
Nous ne nous laisserons pas confisquer notre droit de nous s’exprimer sur notre cadre régional, nous ne laisserons pas les conservateurs décider à notre place, nous ne serons pas otages de cette non-réforme !

Nous appelons d’ores et déjà à rentrer dans une campagne d’agitation intense pour la réunification.

Retrouvons-nous
pour une grande mobilisation
le 28 juin 2014 à Nantes/Naoned
à 14H devant la préfecture
de Loire-Atlantique


Pour le droit à un référendum permettant aux citoyens de décider dans quelle région ils veulent vivre.
(Ce jour là nous vous invitons toutes et tous à venir avec vos cartes électorales afin de mener à bien cette action)

Par ailleurs :
Nous appelons également solennellement tous les élus locaux, de toutes les communes de Bretagne, à voter des vœux en faveur de la réunification et d’une consultation populaire sur la réforme territoriale lors des conseils pré estivaux du moi de juin.
Nous appelons le plus grand nombre à faire pression dans leur commune pour animer cette campagne de vœux
Nous appelons toutes les jeunesses de Bretagne à se faire remarquer sur la réunification lors des festivals estivaux, notamment lors du festival interceltique de Lorient, ville de Jean-Yves Le Drian.

Nous ne nous ferons pas voler notre droit de voter et de décider !


Que s’est-il vraiment passé à la région « Pays de la Loire » concernant le vœu anti-Réunification ?

01/02/2012

Le sujet n’aura été qu’effleuré, mais vendredi dernier, pour la deuxième fois depuis la création du Conseil Régional des Pays de la Loire, la question des limites territoriales de la région a été évoquée en session régionale. Le 21 juin 2001, le conseil régional des PdL avait réagi au vœu commun en faveur de la réunification du conseil régional de Bretagne administrative et du conseil général de Loire-Atlantique, survenu peu de temps avant une grande manifestation, par un vœu demandant l’organisation d’ «États Généraux du Grand Ouest». Resté sans suite, celui-ci exprimait la volonté des élus régionaux PdL de ne pas prendre en compte les volontés de création d’une région Bretagne à 5 départements, exprimés par les collectivités bretonne et la population. Encore une fois, le vœu déposé par le Nouveau Centre et l’Alliance Centriste aura mis en avant le projet de Grand Ouest comme étant un paravent à la Bretagne réunifiée, plutôt que l’existence d’une véritable dynamique entre régions B4 et PdL.

Jeudi 26 janvier, un vœu a été déposé au Conseil Régional des «Pays de la Loire» par le groupe Alliance Centriste -Nouveau Centre, et examiné le lendemain. Celui-ci a été rejeté par la majorité des conseillers régionaux. Nous livrons ci-suit notre analyse sur son contenu :

Laurent Gérault, à l’origine du vœu « anti-réunification »
(Alliance Centriste – Nouveau Centre)
  • Ce vœu était clairement déposé en opposition à l’amendement Le Fur-De Rugy déposé le 21 décembre dernier à l’assemblée nationale. Alors même que celui-ci avait été soutenu par un des conseillers régionaux et député du groupe AC-NC, Michel Hunault. Ce n’est pas un vœu de proposition, mais plutôt de réaction.
  • Nous soulignons que ce vœu revendique pour les «Pays de la Loire» le «pouvoir de s’autodéterminer». Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que nous appelions les élus du conseil général de Loire-Atlantique et de la région Bretagne à voter un vœu réclamant le «pouvoir de s’autodéterminer» à l’ensemble de la population bretonne des 5 départements bretons !
  • Nous notons qu’il y est fait mention de ce que le collectif 44=Breizh dénonce depuis plusieurs années, en l’existence d’un processus de «création identitaire». Processus visant à imposer le découpage régional actuel, infligé à la population sans que celle-ci n’ait jamais pu «s’autodéterminer» sur cette question. Nous citons le préambule du vœu défendant le découpage actuel : «Alors que notre Région Pays de la Loire agit depuis des années à l’émergence d’une identité ligérienne à travers les instances consultatives, à travers les projets culturels et sportifs régionaux».
  • Nous notons que ce vœu déposé par le conseiller Laurent Gérault énonce plusieurs contre-vérités. «En excluant les ligériens du débat référendaire, cette proposition [l’amendement Le Fur-De Rugy] contribue à diviser plutôt qu’à rassembler», ce qui est répété en ces mots par le conseiller lors de la session : «nous rejetons l’idée d’une partition des Pays de la Loire sans consultation des autres départements». Aucun département n’est exclu de cet amendement ! N’importe quel département de la région PdL, peut initier le même processus que la Loire-Atlantique. La différence que M. Gerault n’ose soulever, c’est qu’en Loire-Atlantique la création d’une région Bretagne unie est portée par la population contrairement à celle du Grand Ouest. Ce seul constat donne à voir laquelle des propositions entre statu quo, Bretagne réunie et Grand Ouest est la plus légitime démocratiquement.
  • Il n’est pas vrai que la région PdL travaille à un rapprochement particulier entre la région Bretagne et les Pays de la Loire : «Alors que notre Région des Pays de la Loire s’emploie à construire une véritable culture de projets dans de multiples domaines avec sa voisine bretonne, notamment la recherche, l’agro-alimentaire,  le végétale, la mer». Ceci n’est que l’expression de tentatives de coopérations inter-régionales, comme elles existent avec d’autres régions [voir le communiqué « Vive le Val de Loire ! »]. De plus il n’existe pas de commission ou de travail particuliers entre les deux régions qui permettrait de laisser penser à un rapprochement, contrairement à ce qui existe par exemple au sein de la commission mixte B4-CG44. En ce sens le projet de Grand Ouest n’a pas de légitimité particulière. Il n‘est en aucun cas plus «européen» que peut l’être une Bretagne réunifiée.
  • Nous regrettons que le simple fait d’énoncer que la région administrative et les élus qui en dépendent existent, soit un frein à une modification des limites territoriales. «Alors que notre Région des Pays de la Loire s’emploie depuis des années à créer une dynamique régionale avec l’ensemble des partenaires consulaires, associatifs et bien évidemment  des intercommunalités et des départements, à faire émerger des « projets ligériens ». Cela ne laisse qu’entendre la force d’inertie que représente la région Pays de la Loire.
Franck Louvrier a voté pour le vœu « anti-réunification »
(UMP)

Évidemment, et malheureusement, ce vœu ne peut s’extraire du contexte et des enjeux politiciens. Force est de constater qu’il est présenté par une partie de la droite pour lancer une pique à la majorité PS et alliés – EELV. Ceci alors même que la droite régionale souffre des mêmes indécisions sur cette question de la réunification de la Bretagne. Nous notons aussi que le groupe UMP a voté ce vœu dans ce but, tout comme Franck Louvrier qui aime à se présenter parfois comme un défenseur de l’unité de la Bretagne.

Jean-Philippe Magnen
(Vice-président CR PDL – Europe Écologie Les Verts)

Nous notons aussi que Jean-Philippe Magnen, porte parole du groupe EELV et vice-président de la région a parlé au nom de son groupe pour défendre la question de la réunification tout en n’excluant pas un processus de débat autour de la création d’un Grand Ouest. Il rappelle la position d’EELV pour des régions «cohérentes, fortes et autonomes et pour un fédéralisme différencié» . C’est selon nous la première fois qu’une telle position est avancée lors d’une session du conseil régional des PdL.

Alain Gralepois en compagnie de son mentor Jacques Auxiette
et du petit dernier, Christophe Clergeau…

Nous notons aussi que l’élu socialiste Alain Gralepois juge «l’affaire trop importante pour l’expédier d’un trait en fin de séance». Est-ce à dire que Jacques Auxiette et les responsables PS de la région ne pourront plus feindre une «question sans intérêt», du «passé», lorsque leur sera posé la question de la réunification ?

Nous le voyons, du chemin reste à faire pour faire comprendre à la majorité de ces élus que la population peut se prendre en main sur la question du cadre régional. Que certains élus demandent le pouvoir de s’autodéterminer pour la région Pays de la Loire, qu’un vice président de cette région parle d’autonomie et de fédéralisme différencié, montre aussi que les partisans de la réunification ne doivent plus se brider sur la question du futur statut de la Bretagne unie.


Pôles métropolitains, opportunité ou menace pour la réunification de la Bretagne ?

08/12/2011

44=Breizh publie ici et avec son aimable autorisation une analyse de Mikael Bodlore-Penlaez sur la création des pôles métropolitains (notamment Loire-Bretagne) et son impact sur l’unification territoriale de la Bretagne :

«Vu de Chicago, Angers, Nantes ou Rennes, c’est une même région…». C’est ce qu’Emmanuelle Quiniou, directrice générale de l’Agence d’urbanisme de la région angevine répondait à une interview du magazine municipal de la ville d’Angers (Vivre à Angers n° 355) pour justifier de la création du Pôle métropolitain Loire-Bretagne qui regroupe Angers, Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Brest. Ce type de réflexion est pour le moins absurde sinon fait preuve d’une négation totale de l’identité des territoires. Doit-on se positionner sur la réalité régionale en prenant en compte l’avis d’un Américain habitant à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous, ou au contraire en prenant en compte les réalités locales et les souhaits de la population en Bretagne ou en Anjou ? Ce n’est pas parce que vu d’Europe, on ne sait pas systématiquement faire la distinction entre un Laotien et un Cambodgien que ces deux États vont souhaiter fusionner pour nos beaux yeux.

Les Pôles métropolitains, une identité commune ?

Les pôles métropolitains sont une nouvelle forme de coopération entre différentes agglomérations institués par la loi sur la réforme territoriale du 16 décembre 2010. Dans ce cadre, plus de 20 projets ont émergé en France, dont celui intitulé Loire-Bretagne. Ces pôles doivent porter un projet de développement équilibré et complémentaire notamment pour l’économie, l’urbanisme et l’aménagement. Lors du lancement de ces pôles à Paris le 5 juillet dernier, trois objectifs principaux ont été énoncés, à savoir la pertinence de l’échelle d’action, l’identité commune et le portage d’un projet de développement commun. La sémantique a toute son importance, notamment au vu du projet Loire-Bretagne qui ne paraît nullement s’inscrire dans ces objectifs ambitieux.

Le pôle métropolitain Loire-Bretagne, un non-sens

On peut légitimement s’interroger sur ce qu’on entend par l’identité commune des villes souhaitant coopérer au sein du pôle métropolitain Loire-Bretagne ? Cet espace découle plus du non-sens que d’une réelle identité commune. Quels sont franchement les liens culturels et historiques que Brest et Angers entretiennent ? Ces deux villes distantes de plus de 370 km sont à plus de 4 h 30 de route. Mais si la réflexion doit être d’ordre économique ou urbanistique, les liens ne sont pas plus évidents. Angers, métropole du Val de Loire, n’a pas beaucoup de rapport avec Brest, dont le slogan est la «métropole océane». Mais au-delà de l’incohérence se dessinent les plans de la Datar, sortis en 2005 qui voyait déjà dans cette métropole Loire-Bretagne l’embryon du futur rapprochement des régions administratives Bretagne et Pays de la Loire, cassant net toutes possibilités d’une Bretagne à cinq départements. L’organisme aménageur parisien ne s’est jamais vraiment distingué par ses «découpages» cohérents de l’espace hexagonale. Il est vrai qu’il s’est souvent adonné à des charcutages technocratiques rarement appropriés par la population, ni même les élus, souvent peu convaincus.

Angers entre deux chaises

Mais le contexte évolue assez rapidement. Du côté breton, l’analyse est sans appel. Une région à 5 départements où Brest, Nantes et Rennes coopèrent, cela est une évidence. Mais du côté angevin, les lignes bougent. À croire que les Bretons inspirent leurs voisins du Val de Loire. En effet, un nouveau pôle est en train de naître entre Angers, Tours et Le Mans, regroupant ainsi des villes qui historiquement ont toujours été proches, dans un espace cohérent qui s’appelle Val de Loire. Alors que dans les études préalables au projet du Grand-Paris, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (Les cahiers de l’IAU n° 153) considère la région nantaise comme une simple banlieue parisienne, Nantes et Rennes se posent la question d’une coopération beaucoup plus poussée pour faire contre poids. Dans ce contexte, le maire d’Angers, Jean-Claude Antonini, souhaite coopérer plus avant avec les villes consœurs de Touraine et du Maine, au point de se rallier le chef de file de l’opposition Laurent Gérault, qui déclarait au webzine Villactu.fr en février 2011 se réjouir de l’initiative du maire et «attendre beaucoup de ces nouveaux échanges, la place et l’avenir de l’Agglomération angevine en dépendent, face à l’hégémonie grandissante de l’axe Nantes-Rennes».

Georges Gontcharoff, spécialiste des questions de démocratie participative, enfonce le clou et émet des sérieux doutes sur la pertinence de certains pôles. Il affirme dans une analyse qu’il fait du rapport du membre du Conseil d’État, Jean-Jacques de Peretti (note n°64 ADELS/UNADEL), que «l’Espace Métropolitain Loire-Bretagne (EMLB) existe, mais ne se transformera peut-être pas en pôle métropolitain. (…) Un pôle métropolitain s’explore entre Tours, Angers et Le Mans. On voit donc qu’Angers est tiraillé entre plusieurs logiques».

L’espace Loire-Bretagne, opportunité ou menace pour la réunification ?

La constitution des pôles métropolitains permet aujourd’hui d’envisager deux scénarios, même trois. L’un est favorable à la réunification de la Bretagne et l’autre la fait s’éloigner encore un peu plus. Si Angers décide de se rapprocher de Tours et du Mans et que Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire s’unissent, on peut imaginer le meilleur pour l’avenir de la Bretagne à 5 départements. Angers retrouvant naturellement le Val de Loire comme espace de coopération, la cohésion régionale s’en trouvera d’autant renforcée.

En revanche, si l’acharnement technocratique persiste à construire un territoire difforme et sans identité réelle à travers l’espace Loire-Bretagne, on risque de se trouver dans une situation qui conforte encore plus la constitution d’une région Grand Ouest. Cela anéantirait par la même occasion l’idée d’une Bretagne réunifiée, et ferait peser le risque de disparition pure et simple de la région Bretagne.

Un troisième scénario, pas plus réjouissant, pourrait aboutir à un espace réunissant Angers, Brest, Le Mans, Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Tours.
Vous avez dit du grand n’importe quoi ?

[Source : Mikael Bodlore-Penlaez]


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