Le 18 juin 2011 doit marquer une nouvelle étape pour la “Bretagne en résistance”

29/06/2011

Plus de 40 ans de lutte

Le 18 juin 2011 aura été en terme de mobilisation et d’organisation une réelle démonstration de force de la revendication pour l’unité territoriale de la Bretagne. Sur l’ensemble de la journée, manifestation et fête en plein air le soir, on peut estimer la participation de 5000 à 7000 personnes. Beaucoup plus que pour la fresque humaine «44=BZH», qui eut lieu au même endroit l’année dernière et qui était déjà un beau succès. C’était la onzième manifestation ayant lieu en Loire-Atlantique pour réclamer l’unité administrative de la Bretagne (1976, 1981, 1998, 1999, 2001, 2003, 2003, 2005, 2008, 2010, 2011). Sur la dernière décennie, la manifestation «Bretagne en résistance» est sans doute celle qui aura amené le plus de monde avec celles de 2001 et 2008. La fresque humaine de 2010, avait interpellé par son originalité (2000 personnes s’étaient retrouvées pour inscrire un 44=BZH sur le sol du hangar à Bananes, voir parmi les photos ci-dessous), celle de 2011 sera sans doute la marche (10km !) qui aura fait passer un pas au niveau de la jeunesse et de la détermination des manifestants.

L’action de barbouillage du palais de région, la solidarité et la diversité des organisations présentes devant celui-ci, faisant face aux gardes mobiles, témoignent d’une réelle frustration face à un dossier qu’aucun responsable politique semble ne vouloir réellement régler. Ceux-ci, à commencer, par le nouveau président du CG 44 (Philippe Grosvalet) doivent en prendre la mesure et se positionner pour une solution réelle de la partition de la Bretagne.

Des évolutions lentes et symboliques à dépasser

En 2001, la mobilisation avait entraîné le vote d’un vœu sur la réunification de la Bretagne par le Conseil Général de Loire-Atlantique, alors que celui-ci était encore dirigé par André Trillard. Un vœu, seulement, mais qui marque officiellement le département de Loire-Atlantique comme breton : «le Conseil Général demande au Gouvernement d’organiser le débat public et les consultations nécessaires, puis d’initier le processus législatif permettant de réunir les cinq Départements bretons (…)». Depuis celui-ci, et jusqu’à l’ouvrage «Les Pays de la Loire, une région française dans le monde d’aujourd’hui»* par Jacques Auxiette, qui affirmait une réalité historique à la région des PdL à l’aide d’une pièce de monnaie circulant de 1182 à 1186, plus aucun responsable politique ne se livre à une remise en cause de l’appartenance historique et culturelle, actuelle et ressentie, du pays nantais à la Bretagne. Ceci n’a pas toujours été le cas. Le vœu de 2001 aura été un argument très utilisé par les acteurs de la Réunification, et il est un point significatif de l’histoire de notre lutte comme jamais n’avaient pu l’être les prises de positions des années 80 qui étaient liées au processus de décentralisation.

 

Entre 2004 et 2010, l’existence au sein de la majorité du conseil régional de Bretagne de conseillers autonomistes et fédéralistes, et la présence de l’ancien président du CUAB (Comité pour l’Unité Administrative de la Bretagne) Patrick Mareschal à la tête du département de la Loire-Atlantique, auront permis la création d’un comité mixte Loire-Atlantique-Bretagne administrative. Un premier travail en commun, qui prolonge le vœu de 2001 et la résolution de 2004 du Conseil Régional de Bretagne. Cette commission qui ne s’est réunie que 6 fois en 6 ans, n’aura eu de succès que dans des domaines culturels ou patrimoniales. Bien que l’exposition sur les marches de Bretagne avec son colloque et sa demande d’inscription au patrimoine de l’UNESCO, ait pu participer un tant soit peu à la prise de conscience de l’intégrité du territoire breton, il ne s’agit d’avancée que de l’ordre de l’ultra symbolique. Par ailleurs, nous pouvons légitimement nous demander si la participation de groupes et entreprises de Loire-Atlantique, à la Breizh Touch, au marché international du disque et de l’édition musical, au festival inter-celtique ou à la Fest Yves, nécessite l’existence de la commission mixte. Ce sont malheureusement les projets qui auraient permis de créer des bases durables en vue d’une future réunification qui n’ont pas vus le jour. Les projets de réseau breton de solidarité internationale, de charte pour la gestion intégrée de la zone côtière, de mise en réseau des ports maritimes, de conférence territoriale de Bretagne, en sont autant d’exemples qui restent quasiment sans suivis. Le fait que la campagne de communication parisienne du Comité Régional de Tourisme ait exclue la Loire-Atlantique, malgré des accords sortis de la commission mixte, montre cet échec. Cette commission mixte n’a, en fait, clairement pas les moyens de ses objectifs qui étaient selon P. Mareschal de créer les synergies et les outils qui faciliteront la réunification de la Bretagne. On ne peut que constater que, pour l’instant, cette commission n’a pas réussi à mettre en place des outils pérennes dépassant des cadres ponctuels et symboliques de coopération. Élaborer de vraies politiques territoriales à l’échelle de toute la Bretagne, ne pourra se faire qu’avec une unité administrative de la Bretagne, ou du moins un outil institutionnel qui la préparera réellement. Enfin on peut se poser la question de la cohérence de cette commission qui rappelait en 2009 «la constance de son engagement en faveur de la réunification de leurs territoires», qui, si elle continue, sera présidée pour la Loire-Atlantique par Philippe Grosvalet qui se déclare comme opposant à l’avancée de ce dossier.

En 2009, la commission Balladur chargée par le chef de l’Etat français de redéfinir le cadre des collectivités territoriales, a amené un grand espoir pour une bonne part de la population sensible à la cause de l’unité territoriale. Le rapport aurait prévu de faire passer les régions métropolitaine de 22 à 15 en créant notamment une collectivité bretonne représentant l’ensemble de son territoire. C’est ce qui était annoncé en tout cas dans la presse, avant que ne court le bruit de pressions de personnages locaux haut placés, qui auraient fait retirer cette proposition au dernier moment. Surtout, la réunification aura enfin été présenté comme un problème sérieux par la presse. Tellement sérieux que, dans la crainte de voir son poste ébranlé, Jacques Auxiette en a perdu son sang froid en assimilant la réunification à une «annexion des temps modernes, voire d’une certaine forme de colonisation»**. Au final, ont peut aujourd’hui conclure que cette nouvelle «décentralisation» décidée à Paris ne permettra pas la réunification et encore moins la possibilité d’une collectivité démocratique en Bretagne. Les moyens de financement se recentralisent la capacité de la région et du département à se déterminer sur l’unité territoriale se limitant toujours au bon vouloir de la région des PdL.

Suite à la manifestation du 18 juin, la vice-présidente du Conseil régional de Bretagne a annoncé la mise en place d’un comité de suivi sur la question de l’unité administrative… Que peut-on en attendre ? D’autant qu’il semble fermer aux organisations de la société civile, qu’on ne sait si des représentants de Loire-Atlantique y siègeront…

Changer de vitesse

Si des revendications politiques concrêtes animent ces manifestations, force est de constater qu’elles ne sont pas clairement prisent en compte par les médias et les institutions. Le 18 juin ou la semaine d’avant Kawan, beaucoup de personnes semblent être passé à côté de la «plateforme pour l’unité administrative de la Bretagne» supportée par Bretagne Réunie et 44=Breizh ou de l’appel du 9 avril 20011 «Un dazont evit hor yezh» signé par Ai’ta, SLB, 44=Breizh, Breizhistance, UDB, Skeudenn Bro Roazhon, … Pourtant ces plateformes, issus de travaux collectifs et consensuels, élaborent de manières concrêtes des solutions pour avancer vers une prise en compte réelle de nos revendications. Sûr qu’une plus large diffusion et une valorisation de ces travaux (chacun joue-t-il son rôle ?) permettra d’éviter les stéréotypes douteux qui ressortent des articles de presse-océan ou ouest-france «ils sont fiers ces bretons…», «au son des binious et des cornemuses…», «derrière leurs drapeaux et chapeaux bretons», etc.
La question que nous posons est bien une question de démocratie, pas une question folklorique.

 

Les revendications du 18 juin étaient claires et concrètes :
– d’une part création d’une filière de breton à la fac de Nantes & diffusion télévisuelle et radiophonique d’émissions en langue bretonne,
– et d’autre part modification des lois L. 4122-1 et L. 72.1 & exiger la possibilité aux bretons de se déterminer sur la question.

La réponse faite par le président du Conseil Général de Loire-Atlantique, affirmant être «ni pour ni contre» la réunification et insistant sur le fait de «privilégier une nouvelle étape de la décentralisation avant la question du découpage régional» n’est clairement pas celle que nous attendons. Où sont passés les engagements du Conseil Général de Loire-Atlantique ? La question territoriale doit être réglée en même temps que celle du statut d’une nouvelle collectivité bretonne, si l’on ne veut creuser le sentiment d’injustice et l’attente existant en Loire-Atlantique.

Alors qu’une manifestation est annoncée pour mars 2012 à Quimper, pour la langue (?), que la réforme territoriale est censée rentrer en vigueur en 2014, que le président de la région Bretagne dit «être jaloux» du statut du Pays de Galle, il est sans doute temps de poser clairement et collectivement la question du statut général de la Bretagne. Un statut qui intégrera pleinement la Loire-Atlantique et permettant au peuple breton de se doter des outils institutionnels lui permettant de se déterminer librement tant sur la question territoriale que sur la question linguistique.

La Bretagne doit continuer à résister au-delà du 18 juin. Cela passe par la construction de nos propres alternatives à la centralisation de l’Etat français à la base, ici en Bretagne.

* Quelques années auparavant, Jean Ollivro et Joseph Martray sortaient deux ouvrages aux titres étrangement semblables «La Bretagne réunifiée, une véritable région européenne ouverte sur le monde», et «La Bretagne au cœur du monde nouveau». Rappelons que la sortie et la promotion de l’ouvrage de Jacques Auxiette en février 2007 avait été gêné par la toute première action du GIR :
https://44breizh.com/2007/06/05/groupe-dintervention-reunification/

** Sur France 3 & RMC :
http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2009/02/27/La-commission-Balladur-veut-casser-le-pouvoir-des-elus-Jacques-Auxiete


http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=14242


« Le Breton n’est pas un baragouin ! » – Délibéré du procès le 13 avril à 10h au Parlement de Bretagne (Rennes)

12/04/2011

Le collectif 44=BREIZH tient à diffuser ce texte co-signé par Jonathan & Josselin (an destenn e brezhoneg a zo da heul) :

LE BRETON N’EST PAS UN BARAGOUIN !
Mercredi 13 avril 10h, Place du Parlement à Rennes.
RESPECTEZ NOTRE LANGUE !

Le Mercredi 16 mars, nous sommes passés devant devant la cour d’appel de Rennes pour avoir été accusé de barbouillage par l’inscription d’un «44=BZH» sur un panneau Pays de la Loire à Nozay (44). Une quarantaine de personnes s’étaient réunies pour nous soutenir et nous les remercions. Lors de ce procès, nous avons défendu la légitimité du combat pour l’unité administrative de la Bretagne. Nous avions aussi fait venir un témoin de moralité, rennais, qui a voulu prêter serment en Breton, tout simplement car c’est sa langue et qu’il la parle quotidiennement.

Après avoir affiché un certain mépris à notre encontre, le président de chambre de la cour d’appel, le juge Pierre Dillange a sèchement renvoyé notre témoin d’un «votre audience s’arrête là, je ne comprends pas le baragouin». Des propos discriminants et inacceptables en 2011 pour un dépositaire de la justice en Bretagne. En effet, le caractère péjoratif et assumé des propos du juge renvoit directement aux préjugés d’il y a maintenant plus d’un siècle. Force est de constater qu’une certaine hiérarchie en Bretagne continue d’entretenir cet état discriminant alors même que la langue bretonne est reconnue comme officielle par la région, que des élus en ont la charge spéciale à la région comme à la municipalité, qu’elle est la langue véhiculaire de milliers de Bretonnes et Bretons, qu’elle est enseignée de la maternelle à l’université à Rennes et dans plusieurs villes de Bretagne, etc … Nous ne pouvons tolérer ces propos qui assimilent notre langue à un «langage incorrect, inintelligible et barbare» sur le simple fait qu’un juge français ne la comprends pas. L’usage de l’alsacien, du corse ou du basque est toléré dans certains tribunaux de l’hexagone, pourquoi le breton ne le serait il pas ?

Nous appelons donc à un rassemblement lors du délibéré de notre jugement, le mercredi 13 avril à 10h00, place du Parlement. Nous appelons aussi toutes les organisations soucieuses du respect de la langue bretonne à relayer cet appel. Si le breton reste interdit au tribunal cela ne doit pas empêcher les autorités judiciaires rennaises de faire preuve d’un minimum de respect pour notre langue et ses locuteurs.
JONATHAN GUILLAUME et JOSSELIN LIOTARD, militants jugés pour leurs engagements en faveur de la Réunification de la Bretagne.

HOR YEZH N’EO KET UR «BARAGOUIN» !
D’ar Merc’her 13 a viz Ebrel, Plasenn Breujoù Breizh e Roazhon
DOUJIT OUZH HOR YEZH !

D’ar Merc’her 16 a viz Meurzh e oamp dirak lez-varn Roazhon pa oa taolet ar bec’h warnomp evit un enskrivadur «44=BZH» livet ouzh ur pannel eus ar rannvro Broioù al Liger e Nozieg (44). Un 40 bennak a dud a oa deuet evit skoazell ac’hanomp, o trugarekaat a reomp. Da vare ar prosez hor boa difennet reizhegezh ar stourm evit Breizh unanet. Deut e oa un den-test, roazhonad anezhañ, a felle dezhañ komz brezhoneg, p’eo e yezh pemdez.

Goude bezañ bet dispriz ouzhomp da gentañ gant ar barner en deus kredet da c’houde kas hon den-test da sutal o lavarout «votre audience s’arrête là, je ne comprends pas le baragouin», komzoù gwallzipartus n’haller ket o c’honsentiñ e 2011 e genoù prezidant lez-varn galv Roazhon Pierre Dillange. Seurt komzoù lous a ra deomp soñjal e rakvarnoù ar c’hantved kent. Da stadañ ez eus e stag ul lodenn eus an dud a c’halloud e Breizh d’ober fae ouzh ar brezhoneg ha da vagañ ar saviad bresk m’emañ hor yezh en desped dezhi bezañ anavezet ez ofisiel gant ar rannvro, ha dezhi dilennidi e karg d’he diorren er rannvro koulz hag e lod eus an tiez-kêr, ha p’eo yezh dre gomz miliadoù a Vretoned, kelennet eus ar skol-vamm d’ar skol-veur e meur a c’hêrioù, h.a. N’hallomp ket gouzañv kement lavar a heñvela hor yezh ouzh ul «lavar direizh, diveizidik ha gouezh» diwar an abeg n’he c’hompren ket ur barner gall. Gouzañvet eo implij al elzasianeg, ar c’horseg hag an euskareg e lod eus lezioù-barn ar c’hwec’hkogn, rak petra ne vefe ket memes mod evit ar brezhoneg ?

Gervel a reomp diwar-neuze d’ur bodadeg da vare disoc’h hor barn, d’ar Merc’her 13 a viz Ebrel da 10e00, plasenn Breujoù Breizh. Gervel a reomp ivez an holl aozadurioù tomm ar brezhoneg ouzh o c’halon da embann ar galv-mañ. Zoken ma chom berzet ar brezhoneg el lez-varn ne virt ket kement-mañ d’ar pennadurezhioù justis roazhonat da zoujañ outi d’an nebeutañ.

JONATHAN GUILLAUME ha JOSSELIN LIOTARD, stourmerien barnet evit o engouestl a-du gant Breizh unanet.

 


Procès en appel de Jonathan et Josselin : pas de « baragouin » au tribunal !!

16/03/2011

Aujourd’hui 16 avril se tenait le procès en appel de Jonathan Guillaume et Josselin Liotard à Rennes. Le 15 novembre 2008, en se rendant à une manifestation ils s’arrêtent prendre une photo d’un panneau de propagande Pays de la Loire barbouillé à Nozay, lorsqu’ils sont arrêtés par une patrouille de la gendarmerie. Condamné à 100 euro chacun en première instance, les deux militants ont choisi de faire appel du fait d’un manque flagrant de preuves apportées par le parquet sur leur culpabilité.

 

Le barbouillage pro-réunification légitime

Une quarantaine de personnes et de membres d’organisations telles qu’Ai’ta, UDB, Breizhistance, Skoazell Vreizh, CBIL … s’étaient rassemblés devant le Parlement de Rennes pour les soutenir. Après avoir remis en cause les constatations de la gendarmerie lors des faits, les prévenus ont défendu l’action de barbouillage des panneaux Pays de la Loire. En effet, alors que les représentants des collectivités bretonnes (principalement région Bretagne et Loire-Atlantique) rejettent la prise de décision autour de la résolution de la partition administrative de la Bretagne sur l’Etat, que la région Pays de la Loire fait comme si ce débat n’existait pas, le chef de l’Etat déclarait encore la semaine dernière que la décision était du côté des collectivités qui n’avaient qu’à « prendre leur destin en main », les habitants de Loire-Atlantique et de la région Bretagne sont clairement dans une impasse démocratique, et dans ce contexte les actions pacifiques de contestation de la partition apparaissent comme légitimes.

Pas de « baragouin » au tribunal !

Après avoir tenté d’exposer la situation administrative de la Bretagne au juge qui ne souhaitait pas les entendre, Gael Roblin, témoin de moralité des deux militants, était appelé à la barre. Celui-ci, après avoir souhaité prêter serment en breton, s’est vu retourner par le juge Dillange :  « votre audition s’arrête là, je n’entendrai pas ce baragouin »! Après la plaidoirie de Maître Le Moigne, mettant notamment en avant le caractère non « urbain » du mobilier tagué, et devant le dénigrement affiché du juge envers la langue bretonne, les prévenus ont déclaré en breton ne plus vouloir s’exprimer en français devant le mépris affiché par l’institution à une langue pourtant parlée par des dizaines de milliers de personnes en Bretagne.

La situation actuelle quant à la réunification de la Bretagne, et le mépris affiché de l’institution judiciaire, appelle à une mobilisation importante et nécessaire le 18 juin 2011 à Nantes pour faire valoir nos droits démocratiques.

 

Le délibéré sera rendu le mercredi 13 avril.



Du Breton en Pays de Retz !

16/12/2010

[TEXTE EN BRETON PLUS BAS]

L’édition de Ouest-France « Pays de Retz » du 8 décembre 2010 consacre une pleine page sur l’initiative du conseil général de Loire-Atlantique de sonder les mairies du département sur leur éventuelle volonté d’une signalisation bilingue (français-breton) des  panneaux d’entrée d’agglomération. Cette initiative, prise par le département suite à la commission mixte du 24 juin 2009 avec la Région Bretagne, fait écho à une revendication citoyenne importante en Bretagne et , dans des propositions certes réduite, en sud-loire. Réduite, mais pas inexistante comme l’atteste la présence de cours de breton tant dans en Pays de Retz que dans le Vignoble, ou encore le projet d’ouverture d’une école associative Diwan à Pornic, ville signataire de la charte ya d’ar brezhoneg.

Il s’agit de projets associatifs concrets qui dépendent en priorité de la volonté de citoyens de s’auto-organiser en faveur de la langue sans attendre que les institutions décident pour eux. Langue, Réunification, mais aussi internationalisation et solidarités, comme domaines privilégiés de mobilisation des Bretons de Clisson à Ouessant, montrent à quel point la Bretagne en tant qu’objet politique est génératrice d’un projet démocratique novateur directement pris en charge et construit par les citoyens. Malheureusement cet article de Ouest-France, semble passer complètement à côté de cette question sous-tendue par l’audit du CG de Loire-Atlantique, pour rester cantonné à un débat sur l’identité bretonne ou poitevine des habitants du pays de Retz et ce à coup de dates vieilles de plusieurs siècles, de personnalités morte depuis des lustres et de toits en ardoise ou en tuile.

Cependant il est bon de rappeler que l’identité paidrète est forte et comme le précisent les spécialistes, le pays de Retz est un territoire marqué par l’influence réciproque des cultures bretonnes et poitevines. Il s’agit d’une richesse de la Bretagne Historique qu’il faut faire connaître et préserver car c’est notre patrimoine culturel. En aucun cas l’adoption de panneaux bilingue ne doit être considérée comme étant la marque d’un dénigrement de cette identité et cette mesure ne doit surtout pas être vue par les maires et élus du Pays de Retz comme étant la nécessité de choisir une de leur culture plutôt qu’une autre. La richesse de la Bretagne, que nous voulons basée sur la diversité culturelle en pâtirait.

Reconnaître l’existence de la langue Bretonne et son droit à exister dans la vie publique ce n’est pas exclure les patrimoines paidret, poitevin, vendéen, nantais, ou même ceux issus de l’immigration extra-hexagonale, c’est cultiver ce que nous avons à offrir comme culture riche et diverse pour mieux partager avec l’autre.

Maires paidrets, et de toute la Loire-Atlantique, n’ayez pas peur d’aller de l’avant, répondez favorablement à l’audit du CG, mettez en place une signalétique en breton, signez et respectez la Charte Ya d’ar Brezhoneg proposée par l’office public de la Langue Bretonne.

Brezhoneg e pep lec’h !

Le collectif 44=BREIZH

—————————————————————————-

E-barzh Ouest-Frañs « Bro Raez » an 8 a viz Kerzu 2010 e c’halled lenn ur bajennad a-bezh gouestlet da intrudu kuzul-meur Liger-Atlantel en deus sontet tiez-kêr an departamant war ar panellerezh divyezhek a c’hallfe bezañ staliet en antre an tolpadoù-kêr. An intrudu-mañ, kemeret gant an departamant da heul ar bodad-kemmesk dalc’het d’ar 24 a viz Even 2009 gant rannvro Breizh, a glot gant ur goulenn kreñv eus perzh keodedourien Breizh, gwanoc’h eo ar goulenn-mañ e Su al Liger evit poent moarvat. Gwanoc’h hogen bev-buhezek memestra, pa vez kentelioù Brezhoneg e Bro Raez koulz hag er Gwinieg, p’emañ raktres sevel ur skol Diwan o vont hardizh ba Pornizh, sinet ganti ar garta Ya d’ar Brezhoneg.

Kaoz zo amañ a raktresoù kevredigezh lakaet e-pleustr gant youl ar geodedourien, emaozañ evit o yezh hep gortoz divizoù an ensavadurioù a fell dezho. Evit ar yezh, an adunaniñ, gant ur sell etrevroadel ha kengret en em sav ar Vretoned, a Glison da Eusa. Breizh war an dachenn bolitikel a sach war zu ur raktres demokratel nevez ha birvidik savet gant ar geodedourien o-unan. Siwazh ne ya ket pennad Ouest-Frañs davit ar mennozh-mañ, chom a ra sparlet en un tabut dister a-zivout pivelezh Bro Raez, a vefe staget ouzh Breizh pe ouzh Poatou. Kement-se o lakaat war wel deiziadoù poultrennek, tudennoù aet da goll pell zo, toennoù teol pe sklent ha me oar.

Hervezomp ez eo kreñv ha pinvidik pivelezh Bro Raez, o vezañ m’eo levezonet gant sevenadur Breizh hag hini Poatou war un dro. Sed-amañ liested ar vro emañ ret gwareziñ hag anavezout evel hor glad-ni. Ne zle ket ar panellerezh divyezhek bezañ kemeret e-giz un enebiezh d’ar Poatou, n’hall ket bezañ gwelet evel un dibab d’ober etre ur sevenadur pe eben. N’eo ket amañ keal al liested e Breizh d’hor meno.

Ansav pouezusted ar yezh Vrezhonek hag he normalizadur er vuhez foran n’eo ket ober fae war sevenadur Bro-Raez, Poatou, Vende, Bro Naoned, pe c’hoazh sevenadurioù estren a Vro-C’hall, diorren hor sevenadur-ni lies ha binvidik a-benn rannañ gant egile eo kentoc’h.

Aotrounez maer Liger-Atlantel, kit war raok nebaon ! Respontit mat da ginnig ar c’huzul-meur, lakait e pleustr ur panellerezh e Brezhoneg, sinit ha doujit ouzh ar garta Ya d’ar Brezhoneg kinnig gant Ofis publik ar Brezhoneg. Brezhoneg e pep korn !


Les propos intolérables de Jacques Lambert à Pornichet

14/12/2009

Le jeudi 10 septembre s’est tenu le conseil municipal de la ville de Pornichet (Loire-Atlantique). Le conseiller, Daniel Bachelier, a exprimé le souhait d’installer des panneaux de signalisation « Pornizhan » (Pornichet en breton). Il s’explique : « La Loire-Atlantique est l’un des cinq départements de la Bretagne historique ». « À l’ouest du département, le breton a été parlé jusqu’à une date récente ». « Pornichet revendique haut et fort ses origines bretonnes » et souhaite donc « cette inscription symbolique ». L’élu d’opposition, le socialiste Jacques Lambert monte alors au créneau et dit : « cette démarche traduit non pas un acte symbolique mais une vraie déclaration politique ». Cela n’est pas « pas opportun d’imposer cette identité alors que le Conseil général a du mal à le faire. Vous faites plaisir à son président Patrick Mareschal mais vous risquez de fâcher le président de la Région des Pays de la Loire ». Le maire lui rétorque : « C’est pourtant vous qui avez créé Pornizhan Ar Fest ». Lambert répond : « Cela n’a rien à voir ; la fête est destinée aux touristes ».

44=Breizh condamne fermement les propos du responsable PS. Ils montrent clairement que la Loire-Atlantique n’est qu’une simple colonie pour les sbires d’Auxiette, à laquelle il faut retirer son identité. Il ne faudrait surtout pas « fâcher » le président Auxiette qui a déjà tant de mal à imposer l’identité factice de sa région. L’existence de l’identité bretonne en Loire-Atlantique ne correspond  pas à des futiles querelles entre hommes politiques. Le fait est que ceux qui se sentent breton, qui veulent parler breton dans la vie quotidienne ne peuvent le faire pleinement et librement. Il est temps de transcender les oppositions ou les intérêts des politiques sur cette question capitale et de respecter les habitants de Loire-Atlantique qui se sentent breton, l’identité ligérienne n’existe pas, une identité ça ne s’impose pas !

Le collectif 44=Breizh.