Amendement réunification Bretagne : La mauvaise foi démocratique de J. Auxiette et J.-M. Ayrault et le silence de P. Grosvalet
22/12/2011Hier matin à l’assemblée nationale, sur vingt-cinq députés présents, plus d’une dizaine de députés bretons, des cinq départements, de l’UMP, du PS et d’EELV, ont voté un amendement modifiant l’article L. 4122-1-1 du code des collectivités territoriales. Cet amendement permet à la Loire-Atlantique de « demander, sur proposition d’un cinquième des membres de son assemblée délibérante, soutenue par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales dans ce département, une modification des limites territoriales de sa région d’appartenance » ceci sans que la région des Pays de la Loire ne puisse s’y opposer.
Selon Jacques Auxiette, l’amendement voté par l’assemblée hier matin serait « contraire à l’idée qu’il se fait de la démocratie : comment modifier le contour d’un territoire sans demander leur avis à tous les habitants de ce territoire ? ». J.-M. Ayrault reprend le même argument : « une consultation réservée à la région Bretagne et à la seule Loire-Atlantique n’est pas respectueuse des habitants des autres départements des Pays de Loire ». Ils oublient volontairement de mentionner que lors du découpage administratif de la France et à toute les étapes de la régionalisation de 1972 à 2003, on n’a jamais demandé aux habitants de la Loire-Atlantique mais aussi de la Sarthe, de la Vendée, de la Mayenne et du Maine-et-Loire s’ils souhaitaient se voir imposer les limites administratives de la région « Pays de la Loire ». De plus, rien n’a jamais empêché M. Auxiette de proposer un référendum sur le changement des limites administratives de la région à tous les habitants des « Pays de la Loire ». Pourqui ne l’a-t-il jamais fait ? C’est bien parce qu’il y a une situation de blocage entretenue par l’exécutif de la région « Pays de la Loire », que la modification de la loi est nécessaire pour que puisse être consultés les habitants. Quelle proposition fait M. Auxiette pour régler cette question sociale et politique récurrente qu’est l’unité administrative de la Bretagne ? Aucune. Des propositions étayées ont été faites depuis de nombreuses années par les partisans d’une modification logique et démocratique des régions de l’Ouest de l’Hexagone. M. Auxiette refuse de les envisager malgré l’intérêt qu’elles représentent aux yeux de plusieurs responsables locaux de Sarthe ou de Vendée. Il entretient la partition administrative de la Bretagne et le blocage démocratique au nom de ses propres intérêts et de ce qu’il considère comme son territoire.
D’ailleurs M. Auxiette rapporte vite fait ses soucis de démocratie à des soucis plus électoralistes quand il déclare que cette initiative empêcherait de « traiter des vraies priorités dans la campagne électorale ».
Contrairement à ceux qui voudraient comme M. Ayrault enfermer une Bretagne unie dans une vision étriquée et passéiste, nous affirmons qu’elle est le seul projet démocratique et populaire proposé au niveau territoriale et qui prend conscience de sa dimension internationale.
J.-Y. Le Drian, président du Conseil Régional de Bretagne, se félicite de cet amendement. « Le vote de ce matin nous montre que les institutions peuvent parfois remettre l’Histoire en marche », note-t-il. A lui de nous montrer qu’il veut participer à cette remise en marche. Quant à M. Grosvalet, président du Conseil Général de Loire-Atlantique, il ne doit pas avoir de position attentiste. Il a voté le vœu pour la réunification de la Bretagne en 2001 et 2004, il a présidé la commission mixte Loire-Atlantique / région Bretagne, et même s’il a dit ne pas vouloir faire une priorité de ce sujet il a déclaré s’inscrire dans la continuité des engagements pris par le CG44. Cet amendement est clairement une nouvelle étape de l’unification administrative de la Bretagne, et il doit s’en saisir pour affirmer une fois pour toute s’il est dans ce processus ou non.
Dès à présent nous appelons le Conseil Général à prendre acte de l’adoption de ce nouvel amendement qui donne à la Loire-Atlantique la possibilité de réitérer officiellement, comme en 2001 et 2004, un vœu sur la réunification de la Bretagne. Nous attendons aussi que la commission mixte région Bretagne/Loire-Atlantique se réunisse de nouveau et envisage au regard des nouvelles dispositions de faire un nouveau pas dans la construction de l’unité administrative de la Bretagne.
Nous ne commenterons pas les propos de Franck Louvrier, délégué du sarkozysme dans la métropole nantaise, qui a dit suite à cet amendement être « résolument favorable au rattachement de Nantes à la Bretagne et à la création d’un Grand Ouest ». Au moins le député maire et le président de région ont l’honnêteté d’affirmer leur position plutôt que de se satisfaire d’une posture contradictoire n’étant qu’un élément de communication vide de sens.
Pôles métropolitains, opportunité ou menace pour la réunification de la Bretagne ?
08/12/201144=Breizh publie ici et avec son aimable autorisation une analyse de Mikael Bodlore-Penlaez sur la création des pôles métropolitains (notamment Loire-Bretagne) et son impact sur l’unification territoriale de la Bretagne :
«Vu de Chicago, Angers, Nantes ou Rennes, c’est une même région…». C’est ce qu’Emmanuelle Quiniou, directrice générale de l’Agence d’urbanisme de la région angevine répondait à une interview du magazine municipal de la ville d’Angers (Vivre à Angers n° 355) pour justifier de la création du Pôle métropolitain Loire-Bretagne qui regroupe Angers, Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Brest. Ce type de réflexion est pour le moins absurde sinon fait preuve d’une négation totale de l’identité des territoires. Doit-on se positionner sur la réalité régionale en prenant en compte l’avis d’un Américain habitant à plusieurs milliers de kilomètres de chez nous, ou au contraire en prenant en compte les réalités locales et les souhaits de la population en Bretagne ou en Anjou ? Ce n’est pas parce que vu d’Europe, on ne sait pas systématiquement faire la distinction entre un Laotien et un Cambodgien que ces deux États vont souhaiter fusionner pour nos beaux yeux.
Les Pôles métropolitains, une identité commune ?
Les pôles métropolitains sont une nouvelle forme de coopération entre différentes agglomérations institués par la loi sur la réforme territoriale du 16 décembre 2010. Dans ce cadre, plus de 20 projets ont émergé en France, dont celui intitulé Loire-Bretagne. Ces pôles doivent porter un projet de développement équilibré et complémentaire notamment pour l’économie, l’urbanisme et l’aménagement. Lors du lancement de ces pôles à Paris le 5 juillet dernier, trois objectifs principaux ont été énoncés, à savoir la pertinence de l’échelle d’action, l’identité commune et le portage d’un projet de développement commun. La sémantique a toute son importance, notamment au vu du projet Loire-Bretagne qui ne paraît nullement s’inscrire dans ces objectifs ambitieux.
Le pôle métropolitain Loire-Bretagne, un non-sens
On peut légitimement s’interroger sur ce qu’on entend par l’identité commune des villes souhaitant coopérer au sein du pôle métropolitain Loire-Bretagne ? Cet espace découle plus du non-sens que d’une réelle identité commune. Quels sont franchement les liens culturels et historiques que Brest et Angers entretiennent ? Ces deux villes distantes de plus de 370 km sont à plus de 4 h 30 de route. Mais si la réflexion doit être d’ordre économique ou urbanistique, les liens ne sont pas plus évidents. Angers, métropole du Val de Loire, n’a pas beaucoup de rapport avec Brest, dont le slogan est la «métropole océane». Mais au-delà de l’incohérence se dessinent les plans de la Datar, sortis en 2005 qui voyait déjà dans cette métropole Loire-Bretagne l’embryon du futur rapprochement des régions administratives Bretagne et Pays de la Loire, cassant net toutes possibilités d’une Bretagne à cinq départements. L’organisme aménageur parisien ne s’est jamais vraiment distingué par ses «découpages» cohérents de l’espace hexagonale. Il est vrai qu’il s’est souvent adonné à des charcutages technocratiques rarement appropriés par la population, ni même les élus, souvent peu convaincus.
Angers entre deux chaises
Mais le contexte évolue assez rapidement. Du côté breton, l’analyse est sans appel. Une région à 5 départements où Brest, Nantes et Rennes coopèrent, cela est une évidence. Mais du côté angevin, les lignes bougent. À croire que les Bretons inspirent leurs voisins du Val de Loire. En effet, un nouveau pôle est en train de naître entre Angers, Tours et Le Mans, regroupant ainsi des villes qui historiquement ont toujours été proches, dans un espace cohérent qui s’appelle Val de Loire. Alors que dans les études préalables au projet du Grand-Paris, l’Institut d’aménagement et d’urbanisme d’Île-de-France (Les cahiers de l’IAU n° 153) considère la région nantaise comme une simple banlieue parisienne, Nantes et Rennes se posent la question d’une coopération beaucoup plus poussée pour faire contre poids. Dans ce contexte, le maire d’Angers, Jean-Claude Antonini, souhaite coopérer plus avant avec les villes consœurs de Touraine et du Maine, au point de se rallier le chef de file de l’opposition Laurent Gérault, qui déclarait au webzine Villactu.fr en février 2011 se réjouir de l’initiative du maire et «attendre beaucoup de ces nouveaux échanges, la place et l’avenir de l’Agglomération angevine en dépendent, face à l’hégémonie grandissante de l’axe Nantes-Rennes».
Georges Gontcharoff, spécialiste des questions de démocratie participative, enfonce le clou et émet des sérieux doutes sur la pertinence de certains pôles. Il affirme dans une analyse qu’il fait du rapport du membre du Conseil d’État, Jean-Jacques de Peretti (note n°64 ADELS/UNADEL), que «l’Espace Métropolitain Loire-Bretagne (EMLB) existe, mais ne se transformera peut-être pas en pôle métropolitain. (…) Un pôle métropolitain s’explore entre Tours, Angers et Le Mans. On voit donc qu’Angers est tiraillé entre plusieurs logiques».
L’espace Loire-Bretagne, opportunité ou menace pour la réunification ?
La constitution des pôles métropolitains permet aujourd’hui d’envisager deux scénarios, même trois. L’un est favorable à la réunification de la Bretagne et l’autre la fait s’éloigner encore un peu plus. Si Angers décide de se rapprocher de Tours et du Mans et que Brest, Nantes, Rennes et Saint-Nazaire s’unissent, on peut imaginer le meilleur pour l’avenir de la Bretagne à 5 départements. Angers retrouvant naturellement le Val de Loire comme espace de coopération, la cohésion régionale s’en trouvera d’autant renforcée.
En revanche, si l’acharnement technocratique persiste à construire un territoire difforme et sans identité réelle à travers l’espace Loire-Bretagne, on risque de se trouver dans une situation qui conforte encore plus la constitution d’une région Grand Ouest. Cela anéantirait par la même occasion l’idée d’une Bretagne réunifiée, et ferait peser le risque de disparition pure et simple de la région Bretagne.
Un troisième scénario, pas plus réjouissant, pourrait aboutir à un espace réunissant Angers, Brest, Le Mans, Nantes, Rennes, Saint-Nazaire et Tours.
Vous avez dit du grand n’importe quoi ?
[Source : Mikael Bodlore-Penlaez]
Grande Manif’ du 18 juin à Nantes : parcours et plan pratique pour y aller !
17/06/2011Le collectif 44=BREIZH appelle tous les personnes soutenant la réunification de la Bretagne à venir manifester ce samedi 18 juin à Nantes (départ 14H devant les machines de l’île) pour défendre les droits culturels, linguistiques et politiques des habitant-e-s de la Bretagne.
Réunification, langues bretonne et gallèse, promotion et sauvegarde des cultures locales nécessitent une véritable volonté politique qui n’est pas à l’ordre du jour pour la majorité de nos élus.
Par cette manifestation, le collectif 44=BREIZH et l’ensemble des co-organisateurs entendent montrer l’aspiration de la population à davantage de démocratie pour la Bretagne. Puisque nos revendications, portées par une majorité de la population, ne sont toujours pas écoutées, il semble évident que seule une mobilisation massive et un effort constant des bretons permettra d’obtenir des résultats.
Depuis 10 ans, les mobilisations pour la réunification sont régulières, l’association Bretagne Réunie a donc choisi cette fois un parcours original et novateur consistant en une marche sur le palais de région des « Pays-de-la-Loire ».
Le parcours sera donc aussi inédit que difficile l’hôtel de région n’étant pas situé directement en centre ville mais sur une des extrémités de l’île de Nantes.
Le cortège de la manifestation ne passera donc pas par le centre ville d’ailleurs occupé par une manifestation de motards et principalement rempli de personnes allant faire leurs emplettes. L’objectif est donc d’interpeller directement les responsables politiques et les médias en massant des milliers de personnes devant la vitrine des « Pays-de-la-Loire » siège d’une région bidon et symbole du mépris envers les droits culturels et linguistiques des bretons.
Rejoignez-nous pour cet événement festif et militant, prévenez vos proches, invitez vos amis les moins sensibilisés à notre cause à venir assister aux concerts gratuits qui auront lieu devant les machines de l’île !
- Adresse exacte du lieu de rendez-vous pour le départ de la manif’ « Bretagne en résistances » :
Les Machines de l’île
Les Chantiers
Bd Léon Bureau – 44 200 Nantes
- Pour y aller en transports en commun :
– tramway ligne 1 : arrêt «Chantiers Navals»
- Pour y aller en voiture :
Il est possible de stationner sur le Parking payant Les Machines ou gratuit sur le Quai Wilson.
Mieux vaut éviter à tout prix Quai de la Fosse car une autre manif s’y tiendra…
Il est donc vivement déconseillé de passer en voiture par le centre ville pour se rendre à la manif’ !
Nous conseillons donc à ceux et celles qui arrivent par le Nord ou l’Ouest de Nantes de rester sur le périphérique Ouest, de traverser le Pont de Cheviré pour passer très rapidement en Sud-Loire. Tout de suite après le Pont de Cheviré il faut prendre la 2ème sortie, direction Rezé / Nantes-Centre. Puis 3 ronds-points plus loin à gauche pour traverser le Pont des Trois-Continents qui mène de la ZAC de Rezé au MIN (Marché International de Nantes). Suivez ensuite les indications pour vous rendre près des parking des Machines de l’ïle (Site de l’Éléphant).
- Plan des « Machines de l’Île » :

Suite à cette manifestation, 44=BREIZH organisera une réunion de présentation du collectif le vendredi 24 juin à 19H30 au pub « Le Macallan » 1 rue Rameau à Nantes qui sera ouverte à toutes les personnes souhaitant nous rejoindre.


Publié par 44breizh 














