Que s’est-il vraiment passé à la région « Pays de la Loire » concernant le vœu anti-Réunification ?

01/02/2012

Le sujet n’aura été qu’effleuré, mais vendredi dernier, pour la deuxième fois depuis la création du Conseil Régional des Pays de la Loire, la question des limites territoriales de la région a été évoquée en session régionale. Le 21 juin 2001, le conseil régional des PdL avait réagi au vœu commun en faveur de la réunification du conseil régional de Bretagne administrative et du conseil général de Loire-Atlantique, survenu peu de temps avant une grande manifestation, par un vœu demandant l’organisation d’ «États Généraux du Grand Ouest». Resté sans suite, celui-ci exprimait la volonté des élus régionaux PdL de ne pas prendre en compte les volontés de création d’une région Bretagne à 5 départements, exprimés par les collectivités bretonne et la population. Encore une fois, le vœu déposé par le Nouveau Centre et l’Alliance Centriste aura mis en avant le projet de Grand Ouest comme étant un paravent à la Bretagne réunifiée, plutôt que l’existence d’une véritable dynamique entre régions B4 et PdL.

Jeudi 26 janvier, un vœu a été déposé au Conseil Régional des «Pays de la Loire» par le groupe Alliance Centriste -Nouveau Centre, et examiné le lendemain. Celui-ci a été rejeté par la majorité des conseillers régionaux. Nous livrons ci-suit notre analyse sur son contenu :

Laurent Gérault, à l’origine du vœu « anti-réunification »
(Alliance Centriste – Nouveau Centre)
  • Ce vœu était clairement déposé en opposition à l’amendement Le Fur-De Rugy déposé le 21 décembre dernier à l’assemblée nationale. Alors même que celui-ci avait été soutenu par un des conseillers régionaux et député du groupe AC-NC, Michel Hunault. Ce n’est pas un vœu de proposition, mais plutôt de réaction.
  • Nous soulignons que ce vœu revendique pour les «Pays de la Loire» le «pouvoir de s’autodéterminer». Dans ce contexte, rien d’étonnant à ce que nous appelions les élus du conseil général de Loire-Atlantique et de la région Bretagne à voter un vœu réclamant le «pouvoir de s’autodéterminer» à l’ensemble de la population bretonne des 5 départements bretons !
  • Nous notons qu’il y est fait mention de ce que le collectif 44=Breizh dénonce depuis plusieurs années, en l’existence d’un processus de «création identitaire». Processus visant à imposer le découpage régional actuel, infligé à la population sans que celle-ci n’ait jamais pu «s’autodéterminer» sur cette question. Nous citons le préambule du vœu défendant le découpage actuel : «Alors que notre Région Pays de la Loire agit depuis des années à l’émergence d’une identité ligérienne à travers les instances consultatives, à travers les projets culturels et sportifs régionaux».
  • Nous notons que ce vœu déposé par le conseiller Laurent Gérault énonce plusieurs contre-vérités. «En excluant les ligériens du débat référendaire, cette proposition [l’amendement Le Fur-De Rugy] contribue à diviser plutôt qu’à rassembler», ce qui est répété en ces mots par le conseiller lors de la session : «nous rejetons l’idée d’une partition des Pays de la Loire sans consultation des autres départements». Aucun département n’est exclu de cet amendement ! N’importe quel département de la région PdL, peut initier le même processus que la Loire-Atlantique. La différence que M. Gerault n’ose soulever, c’est qu’en Loire-Atlantique la création d’une région Bretagne unie est portée par la population contrairement à celle du Grand Ouest. Ce seul constat donne à voir laquelle des propositions entre statu quo, Bretagne réunie et Grand Ouest est la plus légitime démocratiquement.
  • Il n’est pas vrai que la région PdL travaille à un rapprochement particulier entre la région Bretagne et les Pays de la Loire : «Alors que notre Région des Pays de la Loire s’emploie à construire une véritable culture de projets dans de multiples domaines avec sa voisine bretonne, notamment la recherche, l’agro-alimentaire,  le végétale, la mer». Ceci n’est que l’expression de tentatives de coopérations inter-régionales, comme elles existent avec d’autres régions [voir le communiqué « Vive le Val de Loire ! »]. De plus il n’existe pas de commission ou de travail particuliers entre les deux régions qui permettrait de laisser penser à un rapprochement, contrairement à ce qui existe par exemple au sein de la commission mixte B4-CG44. En ce sens le projet de Grand Ouest n’a pas de légitimité particulière. Il n‘est en aucun cas plus «européen» que peut l’être une Bretagne réunifiée.
  • Nous regrettons que le simple fait d’énoncer que la région administrative et les élus qui en dépendent existent, soit un frein à une modification des limites territoriales. «Alors que notre Région des Pays de la Loire s’emploie depuis des années à créer une dynamique régionale avec l’ensemble des partenaires consulaires, associatifs et bien évidemment  des intercommunalités et des départements, à faire émerger des « projets ligériens ». Cela ne laisse qu’entendre la force d’inertie que représente la région Pays de la Loire.
Franck Louvrier a voté pour le vœu « anti-réunification »
(UMP)

Évidemment, et malheureusement, ce vœu ne peut s’extraire du contexte et des enjeux politiciens. Force est de constater qu’il est présenté par une partie de la droite pour lancer une pique à la majorité PS et alliés – EELV. Ceci alors même que la droite régionale souffre des mêmes indécisions sur cette question de la réunification de la Bretagne. Nous notons aussi que le groupe UMP a voté ce vœu dans ce but, tout comme Franck Louvrier qui aime à se présenter parfois comme un défenseur de l’unité de la Bretagne.

Jean-Philippe Magnen
(Vice-président CR PDL – Europe Écologie Les Verts)

Nous notons aussi que Jean-Philippe Magnen, porte parole du groupe EELV et vice-président de la région a parlé au nom de son groupe pour défendre la question de la réunification tout en n’excluant pas un processus de débat autour de la création d’un Grand Ouest. Il rappelle la position d’EELV pour des régions «cohérentes, fortes et autonomes et pour un fédéralisme différencié» . C’est selon nous la première fois qu’une telle position est avancée lors d’une session du conseil régional des PdL.

Alain Gralepois en compagnie de son mentor Jacques Auxiette
et du petit dernier, Christophe Clergeau…

Nous notons aussi que l’élu socialiste Alain Gralepois juge «l’affaire trop importante pour l’expédier d’un trait en fin de séance». Est-ce à dire que Jacques Auxiette et les responsables PS de la région ne pourront plus feindre une «question sans intérêt», du «passé», lorsque leur sera posé la question de la réunification ?

Nous le voyons, du chemin reste à faire pour faire comprendre à la majorité de ces élus que la population peut se prendre en main sur la question du cadre régional. Que certains élus demandent le pouvoir de s’autodéterminer pour la région Pays de la Loire, qu’un vice président de cette région parle d’autonomie et de fédéralisme différencié, montre aussi que les partisans de la réunification ne doivent plus se brider sur la question du futur statut de la Bretagne unie.


Diffusion des « Prizioù » à Saint-Nazaire dimanche ! Skignet ‘vo ar « Prizioù » e Sant-Nazer Disul !

27/01/2012

E galleg dindan / En français plus bas


Ar bodad « Brezhoneg ‘barzh an tele ! » a ro emgav da 10e50 d’ar Sul 29 a viz Genver e Kafedi « La Marine » e Sant-Nazer. Ar c’hafedi-mañ ‘zo sklaer e vennozhioù keñver Breizh hag identelezh Sant-Nazer. Lec’hiet eo e-tal poull ar porzh (7, bali ar gêr kozh).
Ar bodad « Brezhoneg ‘barzh an tele ! » a stourm a-gevret gant Ajañs Sevenadurel Breizh Morvan Lebesque abaoe ur bloavezh evit ma vefe skignet adarre abadennoù e brezhoneg e Liger-Atlantel. Chomet e oa a-sav an abadennoù da heul ur bolitikerezh aozet gant François Fillon. Daoust d’an abegoù teknikel a oa bet roet gant F3 Roazhon e weler mat n’eo nemet un abeg toull evit chom hep skignañ brezhoneg war dachenn Liger-Atlantel… Koulskoude e oant bet skignet digudenn gant ar memes skingaser e-pad 30 vloaz !

Un dra vat ‘vefe ma tistrofe abadennoù F3 e Liger-Atlantel evit gwelaat plas ar brezhoneg er mediaoù.
(Sed amañ ur ganaouenn bet savet gant Bernez Tangi ha Yon Gouez evit sevel a-enep d’an nebeut a eurvezhioù brezhoneg er skinwel e rannvro Breizh hag an disparti gant Liger-Atlantel) :

An emgav-mañ a vo un degouezh da zegas da soñj d’ar bolitikourien ha da F3 ne c’hell ket padout ken .
Ar bloaz tremenet e oa deuet d’ar c’hafedi an nazerian Philippe Grosvalet evit harpañ « Brezhoneg ‘barzh an tele !« . D’ar mare-mañ ne oa ket c’hoazh Prezidant Kuzul Departamant Liger-Atlantel…

Le collectif « Du breton dans ma télé » donne rendez-vous Dimanche 29 janvier 2012 à 10h50 au café de la Marine à Sant-Nazer / Saint-Nazaire. Ce café, qui affiche clairement l’identité bretonne nazairienne, est situé face au bassin du port de Saint-Nazaire au 7 avenue de la vieille ville.
Le collectif « Du breton dans ma télé » mène depuis un an avec l’aide de l’Agence Culturelle Bretonne de Naoned / Nantesune action pour le rétablissement en Loire-Atlantique des émissions télévisées en langue bretonne, interrompues depuis septembre 2002 sur intervention politique de François Fillon. On le voit bien, les raisons techniques invoquées par F3 Rennes pour refuser le rétablissement des émissions en breton ne sont qu’un prétexte sachant que pendant plus de 30 ans avec le même émetteur cela ne posa alors aucun problème.

Le rétablissement de ces émissions améliorerait sensiblement l’environnement médiatique vis à vis de la langue bretonne.
(Voir à ce sujet la chanson réalisée par Bernez Tangi et Yon Gouez afin de dénoncer le peu d’heures de breton à la TV en région administrative Bretagne et la coupure totale en Loire-Atlantique.)

Ce rendez-vous dans la 4e ville de Bretagne sera l’occasion de rappeler à F3 et aux politiques que cette situation inique ne peut plus durer.
En 2011, le Nazairien Philippe Grosvalet et futur président du Conseil Général de Loire-Atlantique était venu au café de la Marine apporter son soutien au collectif « Du breton dans ma télé« …


Le Conseil Général 56 vote à l’unanimité un vœu pour la Réunification

07/12/2011

Le Conseil Général 56 vient aujourd’hui de voter à l’unanimité un vœu pour la Réunification de la Bretagne. Nous notons que ce vœux est exprimé par le Conseil Général 56 au moment où certains doutent de la motivation des collectivités bretonnes à aller vers un processus d’unification territoriale de la Bretagne. François Goulard, président du CG 56, ajoute à ce vœu une demande auprès du premier ministre de réunir une « conférence entre les deux régions et les cinq départements pour élaborer un calendrier et les bases d’un travail commun permettant à terme de réunifier la Bretagne. » Sans doute une moindre chose, si l’on souhaite que ce vœu ne soit pas classé aussitôt dans la multitude des vœux sans suite.

D’emblée, le CG 56 a placé ce souhait dans l’objectif « d’atteindre une masse critique requise par la compétition internationale », plaçant ainsi le projet d’une Bretagne Réunifiée comme plus justifié que celui d’un Grand Ouest mal défini et sans assise populaire.

Le Collectif 44=Breizh sera vigilant quand aux suites de ce vœu et aux intentions de M. Goulard et des conseillers généraux du Morbihan pour mener à bien ce projet.


Langue bretonne à la TV : « jamais le breton n’a eu une telle place »… et la Loire-Atlantique ??

29/09/2011
En français plus bas.
Un nebeut devezhioù zo e oa kinniget gant Frañs 3 kael ar programmoù e brezhoneg. D’ar mare-se e oa menneget ar c’henlabour etre Frañs 3 hag ar chadennoù TV lec’hel : TVR35 (Roazhon), Tébéo (Brest) ha TyTélé (An Oriant).
« Jamais le breton n’a eu une telle place » a voe neuze diskleriet gant Bernez Rouz, rener an abadennoù e brezhoneg.
Souezhet omp gant komzoù Bernez Rouz, rak n’eus abadenn brezhoneg ken e departamant brasañ Breizh abaoe 2002 ! En ur lâr an dra-se e tisparti Bernez Rouz tud Liger-Atlantel eus Breizh ha kevredigezhoù evel «Brezhoneg ‘barzh an tele».

Laouen ‘vefemp da c’houlenn digant rener an abadennoù e brezhoneg perak n’eus ket bet ur c’henlabour gant TéléNantes, da skouer. Pe neuze e vefe echuet da vat ar raktresoù e brezhoneg evit departamant Liger-Atlantel ?

Goulenn a reomp digant Kuzul-Meur 44 (a ro arc’hant da dTélénantes) sikour ar c’hleweled e brezhoneg e Liger-Atlantel.
Da Guzul Rannvro Breizh e c’houlennomp sikour ivez, e-keñver an divizoù kemeret diwar-benn an adunvanidigezh ha sevenadur Breizh e Liger-Atlantel : dav eo d’ar Rannvro sikour evit diorren ar c’hleweled e brezhoneg e Liger-Atlantel.

Titouroù :
http://fr-fr.facebook.com/pages/Du-Breton-dans-ma-tele

Il y a quelques jours était présentée la nouvelle grille des programmes en langue bretonne par France 3. À cette occasion était annoncée une collaboration entre France 3 et les chaines de télé locales TVR35 (Rennes), Tébéo (Brest) et TyTélé (Lorient).
Le directeur des émissions en langue bretonne, Bernez Rouz, a aussi déclaré : « Jamais le breton n’ a eu une telle place ».
Nous sommes très étonnés de ces propos. En effet, depuis 2002, les émissions en langue bretonne ont été supprimées dans le plus peuplé des départements breton. Par ces propos, Bernez Rouz discrimine les habitants de Loire-Atlantique et les associations nantaises œuvrant pour le retour de  la diffusion d’émissions en langue bretonne en Loire-Atlantique (Du breton dans ma télé).

Nous aimerions demander à Bernez Rouz quelques explications. La Loire-Atlantique a t-elle été définitivement abandonnée des émissions en langue bretonne ? Y a t-il eu tentative de travail avec TéléNantes ?

Nous demandons au Conseil Général de Loire-Atlantique, qui subventionne TéléNantes, de promouvoir la création audiovisuelle en langue bretonne dans notre département. Suite aux résolutions prises par la région Bretagne en matière culturelle et sur l’unité territoriale de la Bretagne, nous demandons à celle-ci d’appuyer cette aide à la création audiovisuelle en langue bretonne en Loire-Atlantique.

Pour plus de renseignements :
https://www.facebook.com/pages/Du-Breton-dans-ma-tele
Les émissions « Bali Breizh » ou encore « Mouchig Dall » feront-elles
enfin leur apparition sur les télévisions de Loire-Atlantique ?

Notre littoral reprend des couleurs bretonnes avec le barbouillage !

13/07/2011

(en français plus bas)

Gourc’hemennoù a ra ar strollad 44=BZH d’ar geodederien o deus duet koulzad touristel nevez Broioù-al-Liger. Gant doareoù ar re a stourm a-enep d’ar bruderezh ez eus bet digoret pannelloù ‘zo ha skrivet ouzh ar skritelloù a oa enno luganioù e-giz « Bienvenue en Bretagne », « Degemer Mat » hag ouzhpennet « 44=BZ H » war lod vrasañ anezho.

Ar pet koulzad-mañ warn-ugent kaset gant ar PDL a zo par pe dost ouzh hini ar bloaz tremenet, tro 1 030 000 € e goust dezhañ. E bal a zo brudañ an aodoù ha desachañ tud betek enno.
Goulenn a reomp hag-eñ e vez talvoudus ar c’houlzad kabaliñ-se e Liger-Atlantel, departamant anavezet mat gant e annezidi o aodoù. Ret eo lavaret ivez e vez divyezhek galleg/brezhoneg ul lod vat eus pannelloù tiez-kêr an aod, ha bodet int dindan banniel al label Su-Breizh, a zo efedusosc’h pa vez anv eus desachañ touristed (Pornic-Pornizh / La Turballe-An Turball).

Souten a reomp an oberennoù disujidigezh sivil heñvel ha dav e vo stankaat anezho tra ma vo lakaet harp gant Broioù-al-Liger war ur processus demokratel a-benn adunaniñ Breizh.

Pegement zo bet lakaet er c’houlzad-mañ ? Ar vitellerien-livourien o deus implijet un nebeut binviji ha boestoù-livaj (3€ bep a damm), sur ha n’eo ket marteze !

*Koulzad touristel 2010 a veze kenarc’hantaouet gant Broioù-al-Liger hag ar Poitou-Charente, ha diskouezet e oa bet en Ile-de-France, BAL ha Breizh 4 departamant.

Le collectif 44=BREIZH félicite les citoyens et citoyennes qui ont barbouillés la nouvelle campagne de pub de la Région Pays-de-la-Loire « notre littoral reprend des couleurs ». Les panneaux ont été ouverts et les affiches marquées de slogans « 44=BZH » ou pastichée de manière humoristique par des « les PdL m’ont tuer » …

Cette énième campagne des PDL est très semblable à celle de l’année dernière qui avait coûtée 1 030 000€. Réalisée en commun avec la région Poitou-Charentes, elle avait pour objectif de réévaluer l’image de la côte vendéenne après le passage de la tempête Xinthia, mais n’avait été diffusée qu’en Ile-de-France, et dans les régions Bretagne et PdL, … on se demande bien pourquoi la région Poitou-Charentes ne l’avait pas diffusée, ou que le choix de l’Aquitaine ou de la Normandie n’avait pas été fait.

Nous nous interrogeons sur l’utilité d’une telle campagne relancée cette année en Bretagne et notamment en Loire-Atlantique. Nous connaissons bien notre côte et nous rappelons que la plupart des communes du littoral ont leur panneaux d’entrée d’agglomération en bilingue francais-breton, et sont regroupées sous le label sud-Bretagne bien plus porteur en terme d’attrait touristique (Pornic-Pornizh, La Turballe-An Turball, …).

Nous soutenons et encourageons ces actions de désobéissance civile qui devront s’intensifier tant que les Pays-de-la-Loire bloqueront tout processus démocratique en vue d’une réunification de la Bretagne.

Combien cette campagne aura coûté cette année ? Ce qui est sur c’est que les déboulonneurs-barbouilleurs n’auront eu qu’a utiliser que quelques clés et bombes de peintures a 3€ pièce !


José Bové soutient le collectif 44=BREIZH !

11/07/2011

A l’occasion de sa venue en pays nantais les militants de 44=BREIZH sont allés à la rencontre de José Bové pour lui remettre l’affiche « la Bretagne sans la Loire-Atlantique c’est comme José Bové sans moustache, c’est beaucoup moins bien », réalisée il y a quelques semaines suite à la campagne de Nantes Métropole. Gilles Denigot (ancien conseiller général originaire de Saint-Nazaire) s’est joint à José Bové pour cette petite photo soutien et clin d’œil à la réunification de la Bretagne !

 

Stourmerien 44=BREIZH o deus kejet gant José Bové ar sizhun-mañ. Tro hon eus bet da reiñ dezhañ ar skritell a oa bet graet un nebeut sizhunvezhioù ‘zo war dem Naoned Métropôle hag a lare « Breizh hep Liger-Atlantel ‘zo evel José Bové hep e vourroù, n’eo ket ken plijus ». Gilles Denigot (paotr Sant-Nazer ha bet kuzulier departamant) a zo deuet war ar al luc’hskeudenn evit bezañ kengred gant adunvanidigezh Breizh !


Le 18 juin 2011 doit marquer une nouvelle étape pour la “Bretagne en résistance”

29/06/2011

Plus de 40 ans de lutte

Le 18 juin 2011 aura été en terme de mobilisation et d’organisation une réelle démonstration de force de la revendication pour l’unité territoriale de la Bretagne. Sur l’ensemble de la journée, manifestation et fête en plein air le soir, on peut estimer la participation de 5000 à 7000 personnes. Beaucoup plus que pour la fresque humaine «44=BZH», qui eut lieu au même endroit l’année dernière et qui était déjà un beau succès. C’était la onzième manifestation ayant lieu en Loire-Atlantique pour réclamer l’unité administrative de la Bretagne (1976, 1981, 1998, 1999, 2001, 2003, 2003, 2005, 2008, 2010, 2011). Sur la dernière décennie, la manifestation «Bretagne en résistance» est sans doute celle qui aura amené le plus de monde avec celles de 2001 et 2008. La fresque humaine de 2010, avait interpellé par son originalité (2000 personnes s’étaient retrouvées pour inscrire un 44=BZH sur le sol du hangar à Bananes, voir parmi les photos ci-dessous), celle de 2011 sera sans doute la marche (10km !) qui aura fait passer un pas au niveau de la jeunesse et de la détermination des manifestants.

L’action de barbouillage du palais de région, la solidarité et la diversité des organisations présentes devant celui-ci, faisant face aux gardes mobiles, témoignent d’une réelle frustration face à un dossier qu’aucun responsable politique semble ne vouloir réellement régler. Ceux-ci, à commencer, par le nouveau président du CG 44 (Philippe Grosvalet) doivent en prendre la mesure et se positionner pour une solution réelle de la partition de la Bretagne.

Des évolutions lentes et symboliques à dépasser

En 2001, la mobilisation avait entraîné le vote d’un vœu sur la réunification de la Bretagne par le Conseil Général de Loire-Atlantique, alors que celui-ci était encore dirigé par André Trillard. Un vœu, seulement, mais qui marque officiellement le département de Loire-Atlantique comme breton : «le Conseil Général demande au Gouvernement d’organiser le débat public et les consultations nécessaires, puis d’initier le processus législatif permettant de réunir les cinq Départements bretons (…)». Depuis celui-ci, et jusqu’à l’ouvrage «Les Pays de la Loire, une région française dans le monde d’aujourd’hui»* par Jacques Auxiette, qui affirmait une réalité historique à la région des PdL à l’aide d’une pièce de monnaie circulant de 1182 à 1186, plus aucun responsable politique ne se livre à une remise en cause de l’appartenance historique et culturelle, actuelle et ressentie, du pays nantais à la Bretagne. Ceci n’a pas toujours été le cas. Le vœu de 2001 aura été un argument très utilisé par les acteurs de la Réunification, et il est un point significatif de l’histoire de notre lutte comme jamais n’avaient pu l’être les prises de positions des années 80 qui étaient liées au processus de décentralisation.

 

Entre 2004 et 2010, l’existence au sein de la majorité du conseil régional de Bretagne de conseillers autonomistes et fédéralistes, et la présence de l’ancien président du CUAB (Comité pour l’Unité Administrative de la Bretagne) Patrick Mareschal à la tête du département de la Loire-Atlantique, auront permis la création d’un comité mixte Loire-Atlantique-Bretagne administrative. Un premier travail en commun, qui prolonge le vœu de 2001 et la résolution de 2004 du Conseil Régional de Bretagne. Cette commission qui ne s’est réunie que 6 fois en 6 ans, n’aura eu de succès que dans des domaines culturels ou patrimoniales. Bien que l’exposition sur les marches de Bretagne avec son colloque et sa demande d’inscription au patrimoine de l’UNESCO, ait pu participer un tant soit peu à la prise de conscience de l’intégrité du territoire breton, il ne s’agit d’avancée que de l’ordre de l’ultra symbolique. Par ailleurs, nous pouvons légitimement nous demander si la participation de groupes et entreprises de Loire-Atlantique, à la Breizh Touch, au marché international du disque et de l’édition musical, au festival inter-celtique ou à la Fest Yves, nécessite l’existence de la commission mixte. Ce sont malheureusement les projets qui auraient permis de créer des bases durables en vue d’une future réunification qui n’ont pas vus le jour. Les projets de réseau breton de solidarité internationale, de charte pour la gestion intégrée de la zone côtière, de mise en réseau des ports maritimes, de conférence territoriale de Bretagne, en sont autant d’exemples qui restent quasiment sans suivis. Le fait que la campagne de communication parisienne du Comité Régional de Tourisme ait exclue la Loire-Atlantique, malgré des accords sortis de la commission mixte, montre cet échec. Cette commission mixte n’a, en fait, clairement pas les moyens de ses objectifs qui étaient selon P. Mareschal de créer les synergies et les outils qui faciliteront la réunification de la Bretagne. On ne peut que constater que, pour l’instant, cette commission n’a pas réussi à mettre en place des outils pérennes dépassant des cadres ponctuels et symboliques de coopération. Élaborer de vraies politiques territoriales à l’échelle de toute la Bretagne, ne pourra se faire qu’avec une unité administrative de la Bretagne, ou du moins un outil institutionnel qui la préparera réellement. Enfin on peut se poser la question de la cohérence de cette commission qui rappelait en 2009 «la constance de son engagement en faveur de la réunification de leurs territoires», qui, si elle continue, sera présidée pour la Loire-Atlantique par Philippe Grosvalet qui se déclare comme opposant à l’avancée de ce dossier.

En 2009, la commission Balladur chargée par le chef de l’Etat français de redéfinir le cadre des collectivités territoriales, a amené un grand espoir pour une bonne part de la population sensible à la cause de l’unité territoriale. Le rapport aurait prévu de faire passer les régions métropolitaine de 22 à 15 en créant notamment une collectivité bretonne représentant l’ensemble de son territoire. C’est ce qui était annoncé en tout cas dans la presse, avant que ne court le bruit de pressions de personnages locaux haut placés, qui auraient fait retirer cette proposition au dernier moment. Surtout, la réunification aura enfin été présenté comme un problème sérieux par la presse. Tellement sérieux que, dans la crainte de voir son poste ébranlé, Jacques Auxiette en a perdu son sang froid en assimilant la réunification à une «annexion des temps modernes, voire d’une certaine forme de colonisation»**. Au final, ont peut aujourd’hui conclure que cette nouvelle «décentralisation» décidée à Paris ne permettra pas la réunification et encore moins la possibilité d’une collectivité démocratique en Bretagne. Les moyens de financement se recentralisent la capacité de la région et du département à se déterminer sur l’unité territoriale se limitant toujours au bon vouloir de la région des PdL.

Suite à la manifestation du 18 juin, la vice-présidente du Conseil régional de Bretagne a annoncé la mise en place d’un comité de suivi sur la question de l’unité administrative… Que peut-on en attendre ? D’autant qu’il semble fermer aux organisations de la société civile, qu’on ne sait si des représentants de Loire-Atlantique y siègeront…

Changer de vitesse

Si des revendications politiques concrêtes animent ces manifestations, force est de constater qu’elles ne sont pas clairement prisent en compte par les médias et les institutions. Le 18 juin ou la semaine d’avant Kawan, beaucoup de personnes semblent être passé à côté de la «plateforme pour l’unité administrative de la Bretagne» supportée par Bretagne Réunie et 44=Breizh ou de l’appel du 9 avril 20011 «Un dazont evit hor yezh» signé par Ai’ta, SLB, 44=Breizh, Breizhistance, UDB, Skeudenn Bro Roazhon, … Pourtant ces plateformes, issus de travaux collectifs et consensuels, élaborent de manières concrêtes des solutions pour avancer vers une prise en compte réelle de nos revendications. Sûr qu’une plus large diffusion et une valorisation de ces travaux (chacun joue-t-il son rôle ?) permettra d’éviter les stéréotypes douteux qui ressortent des articles de presse-océan ou ouest-france «ils sont fiers ces bretons…», «au son des binious et des cornemuses…», «derrière leurs drapeaux et chapeaux bretons», etc.
La question que nous posons est bien une question de démocratie, pas une question folklorique.

 

Les revendications du 18 juin étaient claires et concrètes :
– d’une part création d’une filière de breton à la fac de Nantes & diffusion télévisuelle et radiophonique d’émissions en langue bretonne,
– et d’autre part modification des lois L. 4122-1 et L. 72.1 & exiger la possibilité aux bretons de se déterminer sur la question.

La réponse faite par le président du Conseil Général de Loire-Atlantique, affirmant être «ni pour ni contre» la réunification et insistant sur le fait de «privilégier une nouvelle étape de la décentralisation avant la question du découpage régional» n’est clairement pas celle que nous attendons. Où sont passés les engagements du Conseil Général de Loire-Atlantique ? La question territoriale doit être réglée en même temps que celle du statut d’une nouvelle collectivité bretonne, si l’on ne veut creuser le sentiment d’injustice et l’attente existant en Loire-Atlantique.

Alors qu’une manifestation est annoncée pour mars 2012 à Quimper, pour la langue (?), que la réforme territoriale est censée rentrer en vigueur en 2014, que le président de la région Bretagne dit «être jaloux» du statut du Pays de Galle, il est sans doute temps de poser clairement et collectivement la question du statut général de la Bretagne. Un statut qui intégrera pleinement la Loire-Atlantique et permettant au peuple breton de se doter des outils institutionnels lui permettant de se déterminer librement tant sur la question territoriale que sur la question linguistique.

La Bretagne doit continuer à résister au-delà du 18 juin. Cela passe par la construction de nos propres alternatives à la centralisation de l’Etat français à la base, ici en Bretagne.

* Quelques années auparavant, Jean Ollivro et Joseph Martray sortaient deux ouvrages aux titres étrangement semblables «La Bretagne réunifiée, une véritable région européenne ouverte sur le monde», et «La Bretagne au cœur du monde nouveau». Rappelons que la sortie et la promotion de l’ouvrage de Jacques Auxiette en février 2007 avait été gêné par la toute première action du GIR :
https://44breizh.com/2007/06/05/groupe-dintervention-reunification/

** Sur France 3 & RMC :
http://www.rmc.fr/blogs/lesgrandesgueules.php?post/2009/02/27/La-commission-Balladur-veut-casser-le-pouvoir-des-elus-Jacques-Auxiete


http://www.agencebretagnepresse.com/fetch.php?id=14242


FEST-NOZ 44=BREIZH le 29/10/11 à NORT/ERDRE

21/06/2011

44=BREIZH organisera le 29 octobre 2011 à partir de 19h30, en compagnie de l’association « Enorzh », un fest noz de soutien aux barbouilleurs volontaires poursuivis par la région Pays de la Loire. Ce fest-noz aura lieu à Nort/Erdre (à 25 km au nord de Nantes) à la salle des loisirs. Danses, stands, galettes, buvette, venez passer un bon moment et soutenir la réunification de la Bretagne !


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